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St-Hubert fera la transformation de produits Cara

Martine Turenne | Argent

Cara ne connaît rien à la transformation alimentaire, ni à la distribution, a admis le président de l’entreprise Bill Gregson lorsqu’il a annoncé jeudi l’achat des restaurants St-Hubert. Le géant ontarien, par cette acquisition, s’offre aussi une expertise.

Et cette expertise est très lucrative : la transformation-distribution représente environ 66% du chiffre d’affaires de St-Hubert, auprès des chaînes d’épicerie nationales comme Sobeys, Loblaws, Costco et Metro.

St-Hubert y vend des sauces, des salades de choux, des mets surgelés et d’autres produits dérivés de ses restaurants.

«C’est à partir du Québec que sera assurée la transformation alimentaire dans tout le Canada des marques de commerce de Cara», a indiqué jeudi le président du conseil et chef de la direction de Groupe St-Hubert, Jean-Pierre Léger. «C’est ici qu’est l’expertise. C’est du gagnant-gagnant.»

Les sauces St-Hubert, déjà offertes dans plusieurs magasins d’alimentation hors Québec, «génèrent déjà des ventes intéressantes», fait remarquer Sylvain Charlebois, professeur au Food Institute de l'Université de Guelph, en Ontario.

«St-Hubert est le numéro un dans son marché en Ontario», a souligné Bill Gregson. «Nous allons utiliser leur savoir-faire. Il y a beaucoup d’opportunités de croissance dans ce secteur. »

Gestionnaire de Cara au Québec

Jean-Pierre Léger estime que cette «alliance» avec Cara offre des perspectives de carrière plus larges aux employés, tout en créant de l’emploi au Québec, même s’il ne peut en évaluer le nombre pour l’instant.

St-Hubert sera aussi le gestionnaire des restaurants de Cara au Québec. L’entreprise ontarienne n’y a pas de bureau. «On estime à 100 millions $ l’augmentation du chiffre d’affaires de St-Hubert avec l’utilisation au Québec des marques de commerce de Cara», avance Jean-Pierre Léger.

St-Hubert opère deux usines de production alimentaire dans le nord de Montréal, en plus de deux centres de distribution, qui génèrent un chiffre d’affaires de 225 millions $.

Un pionnier

Jacques Nantel, professeur titulaire au département de marketing de HEC Montréal, fait remarquer que Cara a notamment été intéressée par les usines de produits alimentaires de St-Hubert et son expertise dans le secteur de l’épicerie. « Cara était relativement faible à ce niveau», dit-il.

En fait, St-Hubert a été un pionnier dans la production alimentaire, souligne Jordan Lebel : «Ils ont développé une réelle expertise, et ils sont de très bons opérateurs.»

La frontière est de plus en plus floue entre la restauration et les mets transformés consommés à la maison, poursuit Jordan Lebel. «Les pépites de poulet St-Hubert que tu fais cuire chez vous, c’est de la transformation ou de la restauration ?» St-Hubert a su s’imposer dans ce créneau.