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St-Hubert passe aux mains de financiers rusés

Pierre Couture | Le Journal de Québec

Prem Watsa, fondateur et PDG de Fairfax Financial Holdings

Reuters

Prem Watsa, fondateur et PDG de Fairfax Financial Holdings

Le groupe boursier Cara, qui avale la chaîne québécoise de rôtisserie St-Hubert, est dirigé par des financiers très habiles et rusés de Bay Street.

Le principal actionnaire de Cara est le holding financier Fairfax de Toronto, dirigé par le coloré gestionnaire milliardaire Prem Watsa. À la Bourse de Toronto, la valeur boursière de Cara s’élève à plus de 1,4 milliard $ alors que celle du holding Fairfax pèse tout près de 17 milliards $.

À Toronto, plusieurs analystes reconnaissent à Prem Watsa un flair hors du commun pour les coups fumants. Certains vont même jusqu’à le surnommer le «Warren Buffett du Canada» en raison de ses placements qui ont l’habitude de rapporter gros.

Depuis cinq ans, le prix de l’action de Fairfax Holding (FFH : TSX) a d’ailleurs doublé, passant de 362 $ à plus de 727 $.

«N’oublions pas que ce sont des financiers qui achètent St-Hubert. Ils ont allongé beaucoup d’argent et ils voudront obtenir du rendement», souligne le directeur de l’Institut de la gouvernance, Michel Nadeau.

Ce dernier croit que Cara voudra tirer profit rapidement de son emplette de 537 millions $ au Québec, afin de le rentabiliser. «Ce ne sont pas des gens habitués à la patience. Que feront-ils ? Ils ont l’habitude d’acheter, de faire le ménage et de revendre à gros prix. Ce sera intéressant de voir la suite», a résumé l’ex-numéro 2 de la Caisse de dépôt et placement.

Des emplois à risque ?

Michel Nadeau est d’avis que 98 % des emplois du Groupe St-Hubert au Québec sont toutefois peu à risque, à l’exception de la centaine de postes de direction regroupés au siège social à Laval.

Le PDG de St-Hubert, Jean-Pierre Léger, a assuré jeudi que les emplois du siège social n’étaient pas en danger. Il soutient que Cara confiera plutôt au Groupe St-Hubert la gestion au Québec d’une soixantaine de ses autres bannières de restaurants en plus du développement de ses produits alimentaires de détail pour tout le pays. La division des produits d’épicerie, qui compte deux usines au Québec, produira dorénavant pour les marques de Cara.

Revenus doublés d’ici 5 ans ?

Jean-Pierre Léger estime que les revenus du Groupe St-Hubert au sein de Cara vont ainsi doubler d’ici cinq ans. Par ailleurs, M. Léger dit n’avoir jamais songé à aller en Bourse avec St-Hubert.

«Je n’ai jamais envisagé la Bourse, car ça ne m’intéressait pas. Je ne voulais pas penser en fonction du prochain trimestre. Alain Bouchard, de Couche-Tard, a créé une multinationale avec la Bourse. Mais moi, j’ai fait le choix de demeurer une entreprise privée.»

(Avec la collaboration de TVA Nouvelles)