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La réforme santé du ministre Barrette favorise le privé

Lise Millette | Agence QMI

Les changements décrétés par le ministre Gaétan Barrette pour réorganiser le système de santé du Québec n’ont pas permis d’améliorer les services aux patients et ont eu pour effet de détourner les ressources vers le privé, estiment des intervenants du milieu.

Un regroupement d’omnipraticiens, un médecin en CLSC, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), une patiente se disant privée d’une partie des soins dont elle a besoin et le député Amir Khadir, lui-même médecin, concluent que la réforme est un échec.

Réunis au Centre Saint-Pierre, dimanche à Montréal, ces personnes ont dressé un bilan de la Loi 10 sur la gouvernance du réseau, une réforme pilotée par le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

«La vitesse avec laquelle il dépouille le système, démontre l’intention d’affaiblir le réseau public, de concentrer le pouvoir et fait en sorte de détourner les ressources vers le privé», a affirmé le député, en entrevue avec l’Agence QMI.

La Loi 10 modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l’abolition des agences régionales a été adoptée en 2014 et est entrée officiellement en vigueur le 1er avril 2015. Une fois les agences abolies, ce sont de gigantesques structures qui ont été créées, se traduisant par une centralisation des lieux décisionnels.

«Pour de vastes régions, il n’y a souvent qu’un centre administratif, ce qui fait en sorte que pour toute modification ou réaction à ce qui arrive sur le terrain, tout devient long et complexe», a estimé le député de Québec solidaire, qui parle d’une véritable «asphyxie du réseau».

En diminuant les structures, le nombre de conseils d’administration auxquels la population pouvait même siéger afin de veiller à l’administration des différents établissements de santé a aussi été amoindri.

Cette concentration des pouvoirs se traduit pour une diminution de la transparence dans la prise des décisions qui affectent les services.

«Toutes les pratiques modernes de la démocratie et toute administration saine sont synonymes de décentralisation afin de faire en sorte que les décisions se prennent là où se déroule l’action. Le ministre va à l’encontre des meilleures pratiques», a déploré Amir Khadir.

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