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EXCLUSIF | Les ex-Aveos poursuivent Québec, Ottawa et Air Canada

Une demande de recours collectif a été déposée en Cour supérieure contre le gouvernement du Québec, du Canada et du transporteur Air Canada dans le dossier Aveos, a appris la chaîne Argent de TVA Nouvelles.

La demande a été enregistrée par Gilbert McMullen, un ex-travailleur d’Aveos et président de l’Association des anciens travailleurs des centres de révision d’Air Canada.

Le plaignant tient le transporteur, la procureure générale du Québec et celle du Canada «responsables des préjudices subis par les anciens travailleurs d’Air Canada et d’Aveos en raison de leur contravention flagrante et délibérée» à la loi d’Air Canada.

Le transporteur a fermé son centre de maintenance en mars 2012. Environ 3000 travailleurs, 1800 au Québec, avaient perdu leur emploi du jour au lendemain.

Or, la loi d’Air Canada était claire: l’entreprise devait conserver ses centres de maintenance à Montréal, Mississauga et Winnipeg. Depuis, le gouvernement a annoncé son intention de modifier la loi (C-10).

Le document est dur à l’endroit d’Air Canada qui aurait «manigancé et manœuvré pendant toutes ces années afin de tenter de se décharger illégalement de ses obligations», est-il écrit.

Québec a abandonné les travailleurs à leur sort

Le gouvernement du Québec n’est pas en reste. Selon le plaignant, l’abandon des poursuites par Québec dans le dossier Aveos s’est concrétisé au terme «d’une entente secrète» dans laquelle Air Canada a promis d’acheter 45 avions de la CSeries à Bombardier.

«Il s’agit d’un revirement de situation totalement inattendu et hautement préjudiciable aux anciens employés d’Aveos qui se voient maintenant abandonnés à leur sort».

Selon le groupe, Québec a donc «favorisé ses propres intérêts puisque l’entente intervenue visait à justifier les investissements de 1,3 milliard $ injecté par le gouvernement du Québec dans le développement de la CSeries», poursuit le demandeur.

Quant au gouvernement fédéral, il est responsable de la situation «par son silence de même que par le cautionnement de la violation par Air Canada», rappelle la requête qui souligne l’intention d’Ottawa d’assouplir la loi pour le transporteur (C-10).

Plus de 750 M $ en dommages?

Si le recours collectif est accepté, le montant d’argent réclamé «s’évaluera certainement à plusieurs centaines de millions de dollars». Selon nos sources, ce montant pourrait même dépasser 750 millions $.

Cela représenterait la perte de revenus d’emplois pour les travailleurs et d’avantages sociaux ainsi que divers dommages reliés à la fermeture et «au non-respect de la loi».

Les ex-travailleurs d’Aveos sont défendus par Jean-François Bertrand, le fils de l’avocat de Québec bien connu Guy Bertrand.

Me Bertrand avait été l’avocat de Marc Bellemare lors de son bras de fer avec l’ancien premier ministre Jean Charest dans le dossier de la Commission Bastarache. Il avait aussi défendu l’ex-bâtonnière Lu Chan Khuong.

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