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L’exil fiscal, «cancer de l’économie mondiale» — Yves Michaud

Argent

«C’est le cancer de l’économie mondiale», s’est exclamé Yves Michaud, fondateur et administrateur du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), lorsqu’on lui demande de commenter les «Panama Papers».

Cette enquête réalisée par une centaine de journaux, qui a révélé des avoirs dans des paradis fiscaux de 140 responsables politiques, vedettes et milliardaires, a suscité lundi une onde de choc mondiale et de vives réactions. Plusieurs pays ont ouvert des enquêtes pour blanchiment.

Sur les ondes de LCN, lundi, Yves Michaud a déploré le double standard fiscal qui déséquilibre l'économie : «Le citoyen ordinaire que nous sommes, vous et moi, nous sommes sont traqués pour la moindre peccadille sur notre rapport d’impôt», pendant que des milliards $ sont placés à l’abri du fisc dans les paradis fiscaux, «les épargnes du peuple qui travaille».

Pour l’ancien député et diplomate au service du gouvernement du Québec, surnommé «Robin des banques» pour sa défense acharnée des petits actionnaires devant les institutions financières, l’évasion fiscale est un «crime crapuleux» : «Combien d’hôpitaux ne seront pas construits ? Combien d’enfants vont mourir ?»

Accusant des organisations internationales comme la Banque mondiale ou les Nations unies de fermer les yeux sur le phénomène, véritable «silence de mafia de l’argent», Yves Michaud croit qu’il est temps de créer une «police mondiale» contre les paradis fiscaux.

À la mesure de ses moyens, le MÉDAC abordera d’ailleurs le sujet cette semaine lors des périodes de questions des assemblées générales annuelles des actionnaires de la Banque Royale du Canada, de la Banque Laurentienne, de la Banque de Montréal et de la Banque Canadienne Impériale de Commerce (CIBC).

Le MÉDAC a été fondé en 1995. Parmi ses principales revendications : abolir les options d’achats pour les hauts dirigeants et les remplacer par des actions, leur interdire la vente de plus de la moitié des actions ou options qu’ils détiennent aussi longtemps qu’ils demeurent à l’emploi de l’entreprise, empêcher l’enrichissement abusif des dirigeants par délit d’initié et autres manœuvres, etc. 

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