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Obama dénonce l'idée irréaliste de Trump

Agence France-Presse

Le président américain Barack Obama a dénoncé mardi comme irréaliste et dangereux le projet de Donald Trump de faire payer au Mexique un mur géant à la frontière entre les deux pays, et souligné que le monde attendait plus de sérieux de la Maison-Blanche.

Le milliardaire républicain, en tête dans la course à l'investiture de son parti pour l'élection présidentielle de novembre, avait peu avant précisé qu'il voulait faire payer le mur au Mexique en menaçant de couper les milliards de dollars envoyés chaque année dans leur pays par les Mexicains vivant aux États-Unis.

«Est-ce qu'on va traquer chaque transfert d'argent de Western Union vers le Mexique? Bonne chance avec ça», a lancé M. Obama, dénonçant aussi l'incidence qu'aurait une telle mesure sur l'économie mexicaine, avec un risque d'«effondrement» qui enverrait «plus d'immigrants au nord, parce qu'ils ne peuvent pas trouver de travail».

«C'est un autre exemple de quelque chose qui n'a pas été réfléchi et qui est mis en avant à des fins politiques», a ajouté le président américain.

Face aux problèmes auxquels le monde est confronté, «les gens attendent du président des États-Unis et des élus ici qu'ils traitent ces problèmes sérieusement et proposent des politiques qui ont été examinées, analysées et sont efficaces. Ils n'attendent pas des notions boiteuses de la Maison-Blanche», a insisté M. Obama.

Donald Trump, qui dénonce l'immigration clandestine, a estimé le coût du mur de 1.600 kilomètres à huit milliards de dollars. Il en a fait un des points forts de sa campagne et en réponse à une question écrite du Washington Post sur son financement, M. Trump a envoyé au quotidien un mémo de deux pages sur la question, publié mardi.

Il y explique qu'il est prêt à modifier une disposition de la loi antiterroriste «Patriot Act», qui bloquerait une partie des transferts de fonds à destination du Mexique.

Les milliards de dollars qu'envoient les immigrés mexicains dans leur pays du monde entier sont une des sources les plus importantes de revenus avec le pétrole et le tourisme.

L'ensemble des transferts personnels vers le Mexique s'élevait à plus de 23 milliards de dollars en 2014, selon la Banque mondiale.

Si le Mexique «effectue un paiement de 5-10 milliards», Donald Trump précise qu'il ne mettra pas sa menace à exécution. «C'est une décision facile pour le Mexique», écrit-il dans ce mémo.

Et selon lui, une fois que le mur sera financé, «les transferts de fonds continueront, année après année».

Le mémo explore d'autres pistes, comme une augmentation des tarifs douaniers, l'annulation des visas ou une augmentation des frais de visa.

M. Obama a précisé que des dirigeants étrangers l'interrogeaient sur «certaines des propositions les plus farfelues». «Je dois préciser qu'il ne s'agit pas seulement des propositions de M. Trump», a-t-il dit, évoquant aussi celles du sénateur ultraconservateur du Texas Ted Cruz, deuxième dans la course à l'investiture républicaine.

«À certains égards, elles sont toutes aussi draconiennes en matière d'immigration», a-t-il ajouté.

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a rejeté l'idée de payer pour un mur à la frontière des États-Unis. Le mois dernier, il avait comparé la rhétorique de Donald Trump à la montée d'Adolf Hitler et Benito Mussolini en Europe.

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