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Chauffeurs UberX: des conseils pour éviter de se faire pincer

Marie Christine Trottier

 - Agence QMI

Se sentant souvent traqués, des chauffeurs UberX ont créé un groupe secret pour partager des trucs leur permettant d'éviter que les inspecteurs du Bureau du taxi de Montréal (BTM) ne saisissent leurs véhicules ou pour ne pas se faire attaquer par des chauffeurs de taxi.

Réunis dans un groupe secret de Whatsapp, une application de discussion assurant un meilleur anonymat que Facebook, une centaine de chauffeurs actifs d’UberX se partagent quotidiennement les allées et venues des inspecteurs du BTM. Ces derniers traquent les chauffeurs UberX, qui offrent un service de transport illégal, puisqu’ils ne sont pas encadrés par la loi régissant l’industrie du taxi.

«Régulièrement, on se relaie pour voir combien de voitures il y a dans le stationnement des inspecteurs du BTM. Comme ça, on sait combien ils sont sur la route», a expliqué Daniel, un des co-administrateurs de ce groupe créé en février 2015, qui préfère taire son nom de famille.

Un autre co-administrateur, qui souhaite aussi préserver l’anonymat, a souligné que lorsqu’un des chauffeurs Uber du groupe repère un barrage routier ou un inspecteur, il prévient les autres pour éviter qu’ils ne se fassent pincer.

Embrasser son chauffeur

«Ce groupe-là renforce notre sentiment d’appartenance», croit Daniel.

Ces chauffeurs se partagent aussi quelques anecdotes de courses croustillantes, comme la fois où l’un d’eux s’est fait embrasser par une cliente pour duper un agent du BTM qui voulait saisir son véhicule.

«Une chance qu’on a le groupe, parce que c’est quelque chose que Uber ne peut pas faire [donner des conseils] vu qu’ils ne veulent pas se faire donner le statut d’employeur. Il n’y a pas de manuel d’instruction quand on devient chauffeur UberX», ajoute Daniel.

Uber et le BTM au courant

Bien au fait de ce groupe de chauffeurs, le BTM explique que ses inspecteurs adaptent leur stratégie en fonction de l’évolution des activités sur le terrain.

«Les chiffres sont assez révélateurs. On continue d’augmenter le nombre de saisies de semaine en semaine», a expliqué Marie-Hélène Giguère, porte-parole du BTM.

En 2015, 585 voitures ont été saisies et ce nombre monte à 303 en date du 5 avril 2016. Quatre inspecteurs patrouillent quotidiennement sur la route, répartis dans deux voitures.

«Les chauffeurs UberX sont des travailleurs autonomes et c'est leur droit de s'entraider pour éviter de subir l'abus de pouvoir exercé par le BTM», a indiqué Jean-Christophe de Le Rue, porte-parole de Uber.

Groupe fermé

Pour entrer dans le groupe, chaque membre doit prouver qu’il est un chauffeur actif de Uber et doit donner son prénom et numéro de téléphone. Le groupe veut éviter de se faire infiltrer par des chauffeurs de taxi ou des agents du BTM. Leur recrutement se fait surtout de bouche à oreille ou via le groupe Facebook «Uber Montreal drivers».

Trois trucs partagés par les chauffeurs UberX

-Appeler le client avant d’aller le chercher pour vérifier qu’il n’est pas un inspecteur

-Stationner son véhicule au coin de la rue et aller chercher son client à pieds

-Annuler les courses des «nouveaux clients», qui ont cinq étoiles par défaut parce qu’il pourrait être un inspecteur

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