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La CSQ critique durement la réforme de la santé

Jean-Francois Tremblay | Agence QMI

Un an après la mise en œuvre de la réforme du système de santé, le Syndicat des intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ) accuse le ministre Barrette de détruire le système de santé.

«Les gens n’en peuvent plus, décrochent. Ils sont en train de laisser leur santé au travail», a déclaré la présidente du syndicat, Nathalie Savard.

Les syndicats de la santé de la CSQ, et ses 750 membres dans la région sont inquiets.

«Je n'ai jamais vu une détresse psychologique s'installer comme ça dans nos milieux», a ajouté Mme Savard.

En février, à l'hôpital de Jonquière, le syndicat affirme que le taux d'absentéisme a atteint presque 16 % chez les infirmières cliniciennes, plus de 6 % chez les infirmières, 12 % pour les auxiliaires. Bien loin de la cible, qui est de moins de 5 %. Cette situation vient balayer les efforts effectués depuis cinq ans, par les syndicats, qui ont travaillé sur un plan de gestion pour réduite les absences au travail.

«Pendant que je vous soigne, je me rends malade. C'est ça qui se passe. Et on demande au docteur Barrette d'arrêter ça. C'est un docteur», a dit Nathalie Savard, laissant sous-entendre que le ministre devrait comprendre la situation.

La présidente de la Fédération de la santé, affiliée à la CSQ (FSQ-CSQ), Claire Montour, a observé le même climat.

«Le personnel tient à bout de bras, ça fait au moins 5 ans qu'on le dit. Bien là, les épaules ne supportent plus.»

Le budget de la santé dans la région a été amputé de 50 millions $ en 5 ans. C'est l'équivalent de 800 emplois, a calculé le syndicat. Et une autre coupe de 18 millions $ doit s'appliquer d'ici un an.

«Il est en train de démolir également notre économie régionale», a tranché la présidente du Syndicat du personnel de bureau de la région (SPBTPA-CSQ), Kate Lavoie.

Avec 10 000 employés, le CIUSSS est devenu le plus gros employeur de la région. La CSQ croit qu'on n'était pas prêt pour ces regroupements improvisés, car selon elle, tout ce qui compte, ce sont les chiffres.

«Ça prend 4,9 %. Je ne veux pas savoir pourquoi? Une cible de chiffres, c'est tout ce qu'il fait. Bien quand on va gérer des chiffres, le monde va être malade et on fera semblant d'être content de nos chiffres», a lancé Claire Montour.

Nathalie Savard approuve. «Tout le monde est débordé. Les gens sont occupés à faire de la structurite.»

Le syndicat demande au député Serge Simard de dénoncer les fusions dans le système de santé et espère que l’élection partielle de lundi ne se soldera pas par une victoire libérale dans Chicoutimi.

«Ce serait de leur dire, oui, vous avez raison de détruire notre système de santé dans la région», a conclu Nathalie Savard.

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