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Le transport en commun moins populaire et moins fiable en 2015

Marie Christine Trottier | Agence QMI

SÉBASTIEN ST-JEAN/24H MONTREAL/AGENCE QMI

Pour la première fois depuis 2004, la Société de transport de Montréal (STM) a observé une diminution de l’achalandage dans le transport en commun, avec quatre millions de déplacements de moins par rapport à l’année précédente, selon le rapport annuel 2015.

«C’est préoccupant, mais on prend des mesures pour arriver [à une augmentation d’achalandage]. En améliorant l’expérience des clients réguliers, on va les fidéliser davantage», a déclaré Philippe Schnobb, le président du conseil d’administration de la STM.

Améliorer les services

Pour attirer plus de clients, la STM vise à améliorer la fiabilité de son service et à entretenir le réseau actuel.

M. Schnobb a évoqué la rigueur de l’hiver 2015, la diminution du coût de l’essence et la variété des transports alternatifs, comme Bixi, Uber, Communauto ou Car2Go, comme principales raisons expliquant cette diminution de l’achalandage.

Augmenter l’offre des autobus

Pour la directrice générale du Conseil régional de l’environnement (CRÉ), Coralie Deny, la solution pour augmenter à court terme le taux d’achalandage du réseau passe par l’amélioration de l’offre de service des autobus.

«Les grands projets, comme le prolongement du métro ou l’ajout de nouveaux trains, ça ne permet pas d’augmenter rapidement l’achalandage parce que c’est long à réaliser. Pour des résultats concrets, il faut mettre des bus sur la route.»

Elle ajoute que de nombreux usagers du transport en commun sont découragés de prendre l’autobus lorsqu’ils doivent s’y entasser.

Autobus moins fiables

Elle souhaite donc qu’il y ait plus d’autobus sur la route et que la STM diminue son taux d'autobus immobiles. En effet, en 2015, 21,6 % des autobus étaient en réparation, contre 20,5 % en 2014.

Le taux de ponctualité des autobus a raté sa cible qui était de 83 %, pour atteindre 82,3 %. La STM a aussi diminué le nombre d’heures de service d’autobus, passant de 3,76 millions à 3,68 millions d’heures.

Démission demandée

Le chef de Projet Montréal, Luc Ferrandez, a d’ailleurs demandé la démission de M. Schnobb à la lecture du rapport annuel de la STM.

«Philippe Schnobb aurait dû s'assurer d'offrir un service de qualité aux usagers qui, chaque jour, se sont plutôt retrouvés devant des bus en retard ou trop pleins, et des voitures de métro bondées», a lancé M. Ferrandez.

Il aurait souhaité que M. Schnobb se batte plus pour obtenir des investissements du Fonds vert et qu’il applique le plan d’infrastructures 2020.

Stations branchées

Neuf nouvelles stations sont maintenant connectées aux réseaux cellulaires, portant le nombre total à 15 sur 68 stations.

Ajout d’un seul ascenseur

Une seule station de métro est devenue accessible en 2015, soit Jean-Talon, portant le nombre de stations accessibles à neuf. Les stations Rosemont et Snowdon deviendront accessibles en 2016.

Augmentation des tarifs en juillet?

Après avoir gelé ses tarifs pour les six premiers mois de l’année 2016, la STM révisera ses finances et sa grille tarifaire en juillet prochain. Elle n’a pas fermé la porte à une augmentation, mais n’a pas précisé si elle aurait lieu.

15 km de voies réservées

Avec seulement 15 kilomètres, la STM n’a pas atteint ses objectifs d’ajouter 50 km de voies réservées aux autobus. Les mesures préférentielles de bus sont passées à 223,7 km en 2015. L’objectif, pour le 375e anniversaire de Montréal en 2017, est de passer à 375 km.

– avec la collaboration de Jean-Frédérick Fortin