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Les chauffeurs de taxi manifestent au bureau du premier ministre

Agence QMI

De nombreux chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines de Montréal ont fait résonner leurs klaxons vendredi après-midi devant le bureau du premier ministre du Québec, au centre-ville de Montréal, pour dénoncer son «inaction» dans la lutte contre Uber et le transport illégal.

«Il y a 22 000 travailleurs qui en ont assez d’attendre, qui sont civilisés et qui agissent de façon légale. Mais à un moment donné, assez c’est assez», a déclaré le porte-parole du Regroupement des travailleurs autonomes Metallos (RTAM), Benoit Jugand.

De nombreux chauffeurs se sont donc rassemblés au Technoparc Saint-Laurent en début d’après-midi. Le député de Québec solidaire Amir Khadir s’est adressé aux chauffeurs, tout comme la porte-parole de l'opposition en matière de transports, Martine Ouellet.

«Vous savez ce qui s’en vient? Beaucoup vont être acculés à la faillite. C’est déplorable, se désolait un chauffeur qui a participé à la manifestation. C’est dur de retenir tous les jeunes, essayer de les contrôler, de les calmer.»

Les taxis et limousines ont ensuite emprunté les autoroutes 40, 13 et 720 en klaxonnant à profusion, encadrés par des autopatrouilles de la Sûreté du Québec et de la police montréalaise. Les chauffeurs sont arrivés vers 16 h aux bureaux de M. Couillard sur l’avenue McGill College, en plein centre-ville de la métropole. Une heure plus tard, ils avaient repris la route.

«Je pense qu’il y a un ras-le-bol de la part de l’ensemble de l’industrie du taxi, a souligné M. Jugand. On nous a promis un projet de loi le 31 mars, on a demandé de faire une trêve, on a obéi à tout ça. [...] D’un coup de dé, M. Couillard décide que pour lui, ce n’est pas correct. Qu’est-ce qui se cache derrière tout ça? Il faudrait peut-être lui poser la question.»

D’autres actions pourraient être organisées ultérieurement.

Le blocus fait rager de nombreux voyageurs

Une centaine de chauffeurs de taxi voulant mettre de la pression sur le gouvernement Couillard dans le dossier UberX ont fortement perturbé l’accès à l’aéroport de Québec vendredi après-midi, faisant rager de nombreux voyageurs.

«La prochaine fois, je vais prendre Uber», a lancé Darie Tremblay, une voyageuse qui devait s’envoler vers Cuba un peu avant 17 h. Elle a dû marcher jusqu’à l’aérogare, puisque l’accès à l’aéroport international Jean-Lesage de Québec étant bloqué par les taxis.

«C’est ordinaire», «c’est exagéré», «ils se nuisent eux-mêmes»... Ce ne sont que quelques-uns des commentaires entendus autour de l’aérogare.

Si plusieurs ont dû marcher avec leurs valises pour s’y rendre, d’autres, qui venaient de se poser à Québec ont dû patienter jusqu’à deux heures dans l’aire d’attente des taxis, comme aucune course n’a été offerte entre 14h15 et 16h30.

Un long cortège

La centaine de chauffeurs de taxi ont formé un long cortège qui s’était d’abord donné rendez-vous dans le stationnement derrière le cinéma Cinéplex de Sainte-Foy.

Vers 14h, «l’opération escargot» s’est amorcée : en empruntant la route de l’Aéroport, les chauffeurs se sont rendus en roulant très lentement et en klaxonnant allègrement jusqu’à l’aéroport, où ils ont pratiquement bloqué l’accès à l’aérogare.

Les voitures pouvaient se faufiler dans le cortège pour se rendre à l’aérogare, mais il fallait être patient.

«On va escalader la pression, pour perturber l'agenda du premier ministre», a affirmé Hamid Nadji, président du Regroupement des propriétaires de taxis de la capitale (RPTC).

La manifestation, encadrée par la police de Québec et la Sûreté aéroportuaire, s’est poursuivie jusqu’à 16h15.

Courses gratuites

Les taxis se sont ensuite garés dans le stationnement de l’aire d’attente des taxis. Dès 16h30, ils offraient des courses gratuites à tous les voyageurs qui patientaient – certains depuis un bon moment – à l’intérieur.

Une quinzaine de vols de départ et une dizaine de vols d'arrivée étaient prévus vendredi après-midi à l'aéroport.

La manifestation est organisée par le mouvement La révolte des taxis contre l'injustice et le Regroupement des propriétaires de taxis de la capitale (RPTC), à la suite d'un appel à la mobilisation du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM).

- avec la collaboration de Sophie Côté

 

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