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Un week-end important pour le NPD

Agence QMI et TVA Nouvelles

L’avenir incertain du chef du NPD, Thomas Mulcair, sera clarifié dimanche par les délégués du parti réunis en congrès à Edmonton, qui voteront sur son sort.

Selon les règles en vigueur, un vote favorable de 50 % plus un est suffisant pour maintenir le chef en poste, mais les responsables du parti ont déjà fait savoir que M. Mulcair devrait obtenir dimanche 70 % des votes des quelque 1800 délégués pour consolider son leadership.

La défaite électorale en octobre dernier a laissé des traces. Le NPD, qui croyait avoir une chance historique de former le gouvernement alors qu’il était devenu l’opposition officielle en 2011 avec 103 sièges, a été doublé sur sa gauche par le Parti libéral de Justin Trudeau et a terminé en troisième place avec 44 sièges.

Depuis six mois, de nombreux militants néo-démocrates ont réclamé la démission de M. Mulcair ou ont remis en doute son leadership. D’autres ont réclamé haut et fort un retour aux sources, qui se traduirait par un coup de barre à gauche.

«Les choses vont bien. On ne prend rien pour acquis. On va continuer de travailler fort», a déclaré M. Mulcair samedi. Des délégués interrogés sont toutefois moins enthousiastes que leur chef.

«Il y a beaucoup de frustration, a reconnu l’ancien député néo-démocrate dans Marc-Aurèle-Fortin, Alain Giguère à TVA Nouvelles.

«Ce que je crains, de renchérir l’ancien député néo-démocrate de Louis-Hébert, Denis Blanchette, c’est que les Québécois ne nous pardonnent pas l’histoire du niqab [...] Les gens nous l’ont dit. On a payé très cher pour ça.»

Un autre ancien député québécois, Jamie Nicholls, qui représentait la circonscription de Vaudreuil-Soulanges, a dit sentir un vent du changement chez les délégués. «Il y a un petit feeling qu’avec un changement de chef, au moins on peut repartir avec un nouveau souffle».

Alain Charbonneau, qui est un organisateur du NPD dans la circonscription de LaSalle-Émard, est plus tranchant dans son analyse. «Au Parlement, il est très bon, peut-être le meilleur à la Chambre, mais pour faire la vente et la promotion de nos politiques, ça passe pas.»

La présidente de l’Alliance de la fonction publique du Canada, Robyn Benson, ne croit pas que M. Mulcair est l’homme de la situation. «Il n’est pas le chef qu’il nous fait pour relancer le parti», a-t-elle déclaré samedi.

La plupart des députés néo-démocrates québécois qui ont survécu à la déroute du mois d’octobre sont cependant derrière leur chef. «Il faut se rappeler que c’est le même Thomas Mulcair qui nous a amené aux portes du gouvernement, qui nous a permis de croire qu’on pouvait y aller», a souligné le député de Trois-Rivières, Robert Aubin.

L’ancien député d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin, ne peut prédire si le vote sera favorable au chef. «On ne peut pas dire où les gens vont s’en aller dimanche matin». M. Mulcair s’adressera aux délégués dimanche, juste avant le vote.

M. Mulcair avait admis en février avoir commis des erreurs lors de la dernière campagne électorale.

Ce dernier a voyagé partout au pays pour prendre le pouls de la base militante du parti et consolider ses appuis, en prévision du vote de dimanche.

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