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Revenu Québec veut abolir les bonis

Alain Laforest | TVA Nouvelles

Revenu Québec veut mettre la hache dans les bonis pour rendement exceptionnel qu’elle verse à ses professionnels, membre du SPGQ, a appris TVA Nouvelles en exclusivité.

L’Agence veut ainsi redorer son image dans le cadre de la négociation en cours avec le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec. En février dernier, trois ex-employés de Revenu Québec confirmaient à notre Bureau d’enquête l’existence de quotas de récupération fiscale.

L’Agence du Revenu a souvent été critiquée pour son zèle à l’endroit des contribuables et des entreprises. «Des quotas seraient contraires à notre code de déontologie» clame Stéphane Dion porte-parole de l’Agence du Revenu, qui réfute toujours leur existence.

«Notre objectif, c’est que se soit très clair dans l’esprit de l’ensemble des contribuables, qu’il n’y a aucun boni qui sont versé en fonction des sommes qui sont cotisées ou encaissées par Revenu Québec» insiste-t-il.

Néanmoins, l’Agence cherche à éliminer les bonis parce qu’ils sont trop associés à l’impression qu’elle impose des quotas de récupération à ses employés

Le syndicat n'est pas contre

Le syndicat des professionnels du gouvernement du Québec a écrit à ses membres en février dernier; « qu'on s'attaque à eux plutôt que prendre les mesures nécessaires pour contrer l'évasion fiscale et les paradis fiscaux ».

«On n’est pas contre les incitatifs à la performance», admet le président du syndicat Richard Perron. «Ce qu’on veut, c’est que nos membres puissent avoir les moyens et les affectations, pour lutter contre les gros poissons».

Il donne l’exemple des Panamas Papers et du scandale de la HFBC. «On veut s’attaquer au vrai problème», insiste-t-il. Si les deux partis n’arrivent pas à s’entendre, Revenu Québec va verser 1,2 million $ à 534 syndiqués, 12% des professionnels membres du SPGQ qui travaillent à l’Agence.

«Ce n’est pas une somme faramineuse, mais pour nous c’est important de poser un geste clair. Notre objectif, c’est de s’asseoir avec le syndicat et d’arriver à une entente» souligne le porte-parole de Revenu Québec.

«Nous on est ouvert à discuter, à avoir un système qui est mieux adapté. Mais on n’a pas de demande claire de l’employeur», clame Richard Perron.

Le président du syndicat souligne qu'il y a un écart salarial de 20 à 40% avec leurs semblables à Revenu Canada et, que le gouvernement doit trouver le moyen de combler l’écart.

L'an passé, Revenu Québec a récupéré 3,3 milliards $ en récupération fiscale, 600 millions de moins que l'année précédente. Le ministère des Finances s’attend que Revenu Québec récupère encore autour de 3 milliards cette année, a-t-on confirmé à TVA Nouvelles.

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