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La dépression post-partum a-t-elle mené au pire?

TVA Nouvelles

Est-ce la dépression post-partum qui a poussé une nouvelle maman de Laval  à se jeter dans la rivière des Mille Îles après la mort de son poupon?

«Mettre au monde un enfant est la plus grosse crise hormonale dans la vie d’une femme, ça peut débalancer  la chimie du cerveau au niveau des zones de l’humeur et de la pensée», explique le psychologue Gilles Vachon.

Et ce débalancement peut provoquer un peu de dépression. «Les femmes vont nous parler du baby blues qui va arriver deux à trois semaines après l’accouchement et ça peut aller aussi jusqu’à la psychose post-partum, mais c’est extrêmement rare», ajoute M. Vachon.

Une femme sur 12 ressent les effets des hormones, du baby blues. Quant à  la psychose post-partum, elle est beaucoup plus rare. «C’est un cas sur 2000 ou 2500. Elle arrive beaucoup plus rapidement et de façon beaucoup plus sournoise. Il y a perte de contact avec la réalité. Les néonaticides – les meurtres d’enfants – sont le fait de femmes dans 100% des cas», précise le psychologue.

 

Qu’a-t-il pu arriver à Laval hier quand la femme de 39 ans a mis fin à ses jours à la suite de la mort de son enfant? Le petit est-il décédé de causes naturelles? La mère dépressive s’en est-elle pris à son nouveau-né?

«Une des hypothèses: madame fait une psychose et commet l’irréparable. Elle était en perte de contact avec la réalité, car elle était en dépression psychotique, elle revient un peu à  elle et constate ce qui est arrivé et devient suicidaire. C’est rarissime comme succession d’événements, mais c’est possible et la cause est hormonale», avance Gilles Vachon.

Le psychologue rappelle que le baby blues a augmenté de 50% en 20 ans pointant le fait que les femmes ont moins d’aide qu’avant après la naissance de l’enfant, que ce que l’on appelait les relevailles, tout le soutien apporté par la grand-mère à la nouvelle maman est de plus en plus rare. Les mères étaient ainsi moins fatiguées.

«Aujourd’hui, avec les wonderwomen, les femmes veulent tout faire toutes seules et n’acceptent pas facilement l’aide. L’aide n’est pas beaucoup là non. Ça pourrait maximiser la dépression post-partum. Mais ce n’est pas ça qui amène à la psychose. La psychose c’est un bouleversement hormonal majeur, une perte de contact avec la réalité, il faut en détecter les signes. Si on a une conjointe qui  présente ces signes, il faut demander de l’aide», soutient le psychologue.

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