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Françoise Boivin pas convaincue de la décision

Dominique La Haye | Journal de Québec

L’ancienne députée néo-démocrate Françoise Boivin met en doute la «sagesse» du NPD de laisser à Thomas Mulcair l’intérim du parti jusqu’à l’élection du prochain chef.

Rejeté par les militants dimanche dernier, le caucus du NPD s’est dans l’ensemble rallié à M. Mulcair, plus tôt cette semaine, afin de le maintenir en poste jusqu’à ce qu’un nouveau chef soit choisi dans deux ans.

«Le rôle d’un chef intérimaire demande plus qu’une participation à la période de questions», a fait valoir l’ex-députée de Gatineau, qui signe un article dans la revue «Options politiques» parue vendredi.

Selon elle, le caucus sera soumis à un véritable «test d’unité» dès que certains de ses membres voudront succéder à M. Mulcair. Elle soutient que le chef sortant aura à prendre des décisions qui pourront avoir des conséquences sur certains candidats dans la course.

«Tous ses gestes seront disséqués et jugés, écrit-elle. Il devra non seulement prendre des décisions objectivement, mais aussi donner l’impression en tout temps qu’elles sont impartiales. Les sources «anonymes» et les vautours ne manqueront pas et l’attendront au détour», a-t-elle ajouté.

Mme Boivin estime aussi que le verdict de 52 % des délégués qui ont montré la porte à M. Mulcair était «plus que prévisible».

«Seuls des gens déconnectés de la base militante néo-démocrate pouvaient croire que Thomas Mulcair aurait l’appui d’au moins 70 % des militants», est-elle d’avis, ajoutant que M. Mulcair aurait dû immédiatement démissionner le soir des élections fédérales.

«Il se serait épargné l’humiliation et aurait évité au parti le spectacle public de sa division interne, qui laissera forcément de nombreuses séquelles», poursuit-elle.

La députée défaite qualifie aussi d’«inodore, incolore et sans saveur» la campagne électorale menée par le NPD en 2015.

«Un échec complet au plan des communications. Elle a creusé un fossé entre le parti et les électeurs. Le dossier du «foulard de la discorde» (le niqab) et la performance plus que neutre du chef québécois dans la plupart des débats auront marqué le début de la fin pour le NPD au Québec en 2015», a-t-elle affirmé.

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