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«Miles Ahead»: tranche de vie d’un homme tourmenté

 - Agence QMI

Ce qui frappe tout d’abord dans «Miles Ahead», un film biographique sur quelques années de la vie de Miles Davis, coscénarisé, réalisé et interprété par Don Cheadle, c’est la manière dont l’acteur se métamorphose en génie musical.

Car Don Cheadle - qu’on est s’est habitué à voir en War Machine aux côtés d’Iron-Man - est bon. Excellent même en Miles Davis, à un point tel que sa prestation (qui inclut de jouer de la trompette et d’avoir composé certaines mélodies) est comparable à celle de Denzel Washington dans «Malcom X».

En 1979, cela fait cinq ans que Miles Davis n’a pas sorti d’album. Reclus dans sa maison de New York, drogué, abruti, le jazzman peine à composer de la musique. Arrive alors Dave Braden (Ewan McGregor), journaliste au «Rolling Stone», qui doit écrire un article sur le retour tant attendu du musicien. Il s’introduit chez Davis, parvient à s’incruster et à parler au maître en échange de l’aider à trouver de la cocaïne.

Parallèlement, à coup de souvenir, on suit l’histoire de Miles Davis avec Frances Taylor (Emayatzy Corinealdi), celle qui a été sa femme dans les années 1950.

Dès le début, «Miles Ahead» frappe par le soin apporté à la réalisation. Les transitions entre chaque scène sont particulièrement bien pensées, tout comme l’intégration constante de la musique de Davis. Physiquement, Don Cheadle apparaît transformé et habité par un homme plus grand que nature, dont il tente, par sa mise en scène soignée, de faire passer l’essence.

Et cela fonctionne durant les 45 premières minutes de ce long métrage de 100. De même, la présence d’Ewan McGregor en personnage presque comique apporte son lot de légèreté à un film qui, sans cela, en est complètement dépourvu, étant donné le sujet abordé. Par contre, tout au long du long métrage, on se demande où Don Cheadle veut nous amener. Alors que le message de rédemption était clair dans «Pour l'amour de la musique», un film récent sur la vie de Chet Baker mettant en vedette Ethan Hawke, les visées de l’acteur et réalisateur sont ici plus nébuleuses.

Outre sa formidable admiration - et on le comprend - pour ce géant du jazz, Don Cheadle livre une tranche de la vie d’un homme tourmenté. Et ça, compte tenu de la richesse du sujet, c’est vraiment dommage.

Note: 3 sur 5

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