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Un nouveau bilan fait état d'au moins 413 morts

Florence Panoussian et Santiago Piedra Silva | Agence France-Presse

Des équipes de secours continuaient dimanche soir de chercher des survivants sous les décombres en Équateur après le pire séisme qu'ait connu ce pays en près de 40 ans, qui a fait au moins 413 morts et plus de 2500 blessés.

«Pour l'heure, nous comptabilisons 413 morts», a indiqué le ministère en charge de la coordination de la Sécurité. Le précédent bilan provisoire de ce tremblement de terre de magnitude 7,8 faisait état de 350 décès.

À Portoviejo (ouest), l'une des villes les plus touchées, des maisons détruites, un marché dévasté, des lampadaires au sol et des débris éparpillés sur les trottoirs témoignaient de l'ampleur de la secousse de magnitude 7,8, la plus forte en Équateur depuis 1979.

«Nous avons déjà sorti trois personnes décédées et nous pensons qu'il y en a 10 à 11 supplémentaires qui sont coincées», a indiqué à l'AFP un membre de l'équipe de sauvetage travaillant sur les ruines de l'hôtel El Gato, un bâtiment de six étages qui s'est entièrement effondré.

Une centaine de prisonniers en ont profité pour s'échapper de la prison de Portoviejo. «Nous avons lancé les opérations pour les capturer à nouveau», a écrit sur Twitter la ministre de la Justice, Ledy Zuñiga.

À Guayaquil, pourtant à près de 400 kilomètres au sud de l'épicentre, «on a énormément ressenti le tremblement de terre», a raconté Oscar Alava, un ingénieur de 41 ans. Mais «grâce à Dieu, il ne nous est rien arrivé. C'est le chien qui nous a avertis en aboyant».

Dans ce port de plus de deux millions d'habitants, un homme est mort écrasé dans sa voiture après l'effondrement d'un pont et une fillette a péri quand le toit d'un centre commercial s'est partiellement affaissé.

À Manta (ouest), ville proche de l'épicentre, «les maisons se sont écroulées, les réverbères sont tombés, les gens sont complètement désespérés, il y a des gens enterrés sous les décombres», a décrit Miriam Santana, 40 ans, employée de maison.

Deux Canadiens figurent parmi les victimes, selon les autorités de ce pays.

En visite au Vatican, le président Rafael Correa, qui a débloqué une aide budgétaire d'urgence d'«environ 600 millions de dollars», est arrivé en avion à Manta vers 23H30 GMT. «Le quartier Tarqui de (la ville de) Manta est très affecté. (La ville de) Pedernales est détruite», a-t-il publié sur Twitter.

L'Union européenne a annoncé l'activation du mécanisme européen de protection civile, pour aider ce pays sud-américain, tandis que le secrétaire d'État américain John Kerry offrait le soutien des États-Unis.

Plus de 14 000 membres des forces de sécurité, 241 professionnels de la santé et deux hôpitaux mobiles ont été dépêchés sur place. Des renforts arrivent de Colombie, du Mexique, du Chili, d'Amérique centrale et d'Espagne.

À Pedernales, épicentre du séisme, haut lieu touristique avec ses plages sur le Pacifique, les autorités évaluaient le nombre des morts à entre 300 et 400, soulignant qu'une trentaine d'hôtels ont été détruits.

«Pedernales est dévasté, les immeubles se sont effondrés, en particulier les hôtels où beaucoup de touristes sont logés, il y a des cadavres. Nous avons besoin d'aide», a déclaré aux médias le maire, Gabriel Alcivar.

Le séisme s'est produit samedi à 18H58 à 20 km de profondeur, selon l'Institut de géophysique (IG), provoquant des «dégâts considérables dans la zone de l'épicentre», dans la province de Manabi (sud-ouest), «et aussi dans des lieux éloignés» comme Guayaquil ou Quito.

Malgré des dégâts matériels importants, les infrastructures pétrolières «stratégiques» du pays n'ont pas été affectées et devraient continuer de fonctionner, a assuré le ministre des Ressources stratégiques Rafael Poveda.

La secousse a été ressentie dans le sud de la Colombie et au Pérou, apparemment sans faire de victimes.

Elle survient peu après les tremblements de terre ayant secoué depuis jeudi le sud-ouest du Japon, avec au moins 41 morts et un millier de blessés.

Mais «il n'y a pas de relation de cause à effet entre les séismes en Équateur et au Japon», a assuré David Rothery, professeur de géosciences planétaires à l'Open University britannique, soulignant toutefois que l'énergie totale du séisme «a probablement été 20 fois plus forte» en Équateur qu'au Japon.

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