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Lancement d'album

La pop-folk très intime d’Émilie Janvier

Isabelle Verge | Agence QMI

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PHOTO BRUNO PETROZZA/TVA PUBLICATIONS/AGENCE QMI

Il y avait foule au Cabaret du Lion d’Or lundi soir pour le lancement du tout premier album d’Émilie Janvier. L’auteure-compositrice-interprète a offert un opus très personnel au public, à travers une douce sonorité pop-folk.

Son style musical a les mêmes bases, les mêmes influences que celui de sa célèbre sœur Marie-Ève Janvier, mais elle réussit à amener le public dans son propre monde, surtout «grâce à sa plume», comme l’a si bien dit son beau-frère Jean-François Breau. C’est son univers, mais reste que cet album est une affaire de famille.

Un pacte, une famille

Émilie Janvier a composé deux chansons («Tes flocons» et «7 février») en l’honneur de son frère, Louis-Philippe, qui est décédé d’un cancer il y a un peu plus de trois ans. La pièce «Un pacte», elle, a été composée pour Jean-François Breau, son frère adoptif pour le reste de ses jours.

«J’ai braillé comme une madone quand j’ai entendu la chanson. La semaine dernière, je suis allé faire un tour de voiture, et je l’ai écouté au moins quatre fois. J’étais réellement touché qu’elle pense ça de moi, explique Jean-François Breau, visiblement ému. Je ne remplacerai jamais son frère. Je sais toute l’importance qu’il avait aux yeux de ces deux filles-là, mais si je peux aider de n’importe quelle façon, je vais le faire.»

«Je suis quelqu’un de timide et c’est parfois difficile de dire aux gens qu’on aime qu’on les aime. Écrire des chansons, ça me permet de m’exprimer beaucoup. Sans qu’on se dise vraiment, «veux-tu être mon grand frère», j’ai écrit ça et il a tout compris», soutient Émilie Janvier.

Un frère toujours présent

Bien qu’il regarde d’en haut, pour Émilie, son frère Louis-Philippe était tout autour d’elle lors de sa performance lundi soir. «Je suis certaine qu’il serait fier de moi», a-t-elle dit au micro. Véritable exutoire après les tristes événements, l’écriture lui a servi de thérapie et l’album en est le résultat final.

La jeune artiste a écrit «Tes Flocons» peu de temps après le départ de son frère et sa sœur a chanté la chanson pendant trois ans lors de spectacles de Noël. «C’est une des chansons dont je me faisais le plus parler après les spectacles. Moi je suis une interprète, mais Émilie a le talent de mettre en mot ce qu’elle a dans sa tête et son cœur. Elle a mis en mots ce qu’on a vécu», souligne Marie-Ève Janvier.

Être soi

Avoir une sœur qui a du succès dans le monde de la musique peut être un réel défi pour une jeune artiste, mais Émilie affirme qu’elle n’a pris que le positif, rejetant la pression ou l’étiquette.

«Je me suis laissé aller dans ce que j’aimais faire, sans me demander si j’étais trop comme ma sœur. Ça n’a jamais été un questionnement. J’ai toujours été fière de ma grande sœur. Je ne l’ai jamais enviée, je l’admire», dit-elle.

La fierté est partagée, car Marie-Ève admire le courage, la confiance et l’humilité de sa sœur qui arrive à présenter qui elle est à travers ses chansons. «On ne s’est jamais imposés dans le processus de l’album. Quand Émilie avait besoin de nous faire entendre des chansons pour le fun ou pour des conseils, nous étions toujours disponibles», souligne-t-elle.

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