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René Simard encore une bête de scène

À 55 ans, René Simard est encore et toujours une bête de scène et le prouve dans son nouveau spectacle «Nouveau rêve», dont la première médiatique était mercredi soir, à la salle Pierre-Mercure, à Montréal.

Dans une forme olympique, le chanteur a offert un spectacle complet, divertissant et diversifié. Il passe à travers 45 ans de carrière de belle façon. Son bonheur d’être de retour sur scène après 25 ans d’absence en solo était si palpable qu’on se demande pourquoi l’artiste a délaissé les planches en solo aussi longtemps. Clairement, René Simard s’est fait un cadeau.

Il a entamé les premières notes de la chanson «L’homme sur la lune», dans une pénombre bleutée. Le registre s’est transformé tout de suite après, avec «C’est beau la vie», sur laquelle il a ajouté une petite touche «Broadway».

Le public a pu se régalé d’un pot-pourri des classiques de René Simard, tels qu’«Un enfant comme les autres», «Petite Japonaise», «Mon nom est Pascale», «Fernando», «Comment ça va», et évidemment «Chante la la la» ainsi que «L’oiseau».

Le moment le plus touchant revient à la chanson «Smile», sur laquelle père et fille dansent en duo. Ce magnifique moment avec Rosalie était rempli de joie et d’émotions, il s’est valu une ovation.

Beaucoup d’humour

«Ça fait longtemps (qu’il n’a pas présenté de spectacle solo), presque 25 livres ! Euh, non, 25 ans», a-t-il lancé en début de spectacle. René Simard raconte une foule d’anecdotes en plus de deux heures. Il a fait appel au scripteur Daniel Langlois pour que ses interventions aient une saveur humoristique.

Si la livraison de ses blagues était un peu chambranlante au départ, assurément à cause du stress, il a su mieux s’approprier les textes au fil de la soirée. Si l’effort et la détermination y étaient, il manquait un peu de naturel et de fluidité.

Tout de même, René Simard, encore débordant d’énergie, a su rire de lui à merveille ce qui a donné quelques moments savoureux, comme la rétrospective de ses looks après la chanson «Que reste-t-il». On y voit plusieurs périodes marquantes, comme la «période léopard», «split et confettis», «cuir» ou la fameuse période «veston de Réal Giguère».

Un problème technique est survenu dans le sketch «Le Simard à stepettes», alors que le son n’était pas synchronisé à l’image. Un petit moment cocasse que le chanteur a su tourner en blague malgré sa réelle exaspération. «Un soir de première en plus, a-t-il dit. Je vous jure [que] si vous revenez voir le show, ça va marcher et c’est ben bon.»

Pluie de comédies musicales

Si on ne l’a pas vu seul sur scène pendant plus de deux décennies, il s’est racheté en jouant dans plusieurs comédies musicales. «J’aime tellement ça des comédies musicales, parfois, c’est comme si j’étais possédé. Si ça arrive, ne paniquez pas, je vais revenir à moi-même tout seul», a-t-il blagué.

Le public a pu entendre «Je chante sous la pluie», merveilleusement bien enrobée par une mise en scène élégante, mais c’est «Music of the night» du «Fantôme de l’opéra» qui a littéralement fait lever tous les spectateurs de leur siège à la dernière note. Il a livré une interprétation puissante et impressionnante qui valait tous les applaudissements reçus.

Pétillant

René Simard a une énergie communicatrice. Il s’approprie la scène et donne absolument tout ce qu’il a.

Bien qu’on sente ici et là que la voix du jeune prodige s’est transformée avec l’âge et qu’elle n’est plus toujours parfaite, il est encore extrêmement impressionnant et n’a rien à envier à la relève.