/news/society

Reconnaître la violence envers les aînés

TVA Nouvelles

La maltraitance envers les aînés passe souvent inaperçue. Les victimes gardent le silence, par peur de représailles de la part de leurs agresseurs. Les policiers de Montréal sont dorénavant mieux formés pour leur venir en aide.

«Ce sont des situations qui sont très éprouvantes. On le sait, dans les cas de maltraitance, une personne sur deux, c'est de la famille», affirme l'inspectrice-chef du SPVM, Josée Blais.

Le Service de police de la Ville de Montréal et la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les aînés de l'Université de Sherbrooke ont développé un nouveau modèle d'intervention.

Les policiers sont formés pour reconnaître les signes et venir en aide aux aînés. Dès le lancement du projet pilote l'année dernière, on a vu une augmentation du nombre de cas rapportés.

«On va faire le parallèle ici avec la lutte contre la violence conjugale. Quand on a commencé à parler plus de violence conjugale et que les gens ont été en mesure de l'identifier, on a vu une augmentation de données. Ça ne voulait pas dire que le phénomène avait augmenté, mais bien que les gens étaient plus habilités à la reconnaître et qu'on brisait aussi le silence socialement», explique Marie Beaulieu de la Chaire de recherche sur la maltraitance.

La maltraitance peut être physique, financière ou psychologique. Voici le cas d'un couple âgé de Saint-Léonard.

«Il était sous l'emprise de leur fils. Il avait tout le contrôle. Les serrures, il embarrait ses parents dans un endroit, dans une chambre», raconte Mme Blais.

Un patrouilleur s'approche d'un homme âgé et d'une jeune femme au guichet automatique, à 4h du matin.

«Il apprend que depuis deux mois, l'homme donnait de l'argent à la jeune fille complice. Le montant s'élevait déjà à plus de 20 000 dollars», a dit le maire Denis Coderre, lors de la conférence de presse.

Pour signaler un cas de maltraitance ou en cas de doute, la ligne d'aide Abus Aînés répond aux appels 7 jours sur 7: 1-888-489-ABUS.

Le projet est financé en grande partie par le gouvernement fédéral. On pense que le modèle d'intervention pourrait s'appliquer dans d'autres villes et aussi dans d'autres domaines, en santé mentale, par exemple, ou encore dans des cas de violence intrafamiliale.