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Armé d'un couteau

Un homme suicidaire tué par la police

Maxime Deland |  Agence QMI

Un homme suicidaire a été tué chez lui par un policier qu’il aurait menacé avec un couteau, lundi matin, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

La victime, André Benjamin, n’a pas survécu à ses blessures. Le décès de cet homme dans la soixantaine a été constaté par un médecin à son arrivée à l’hôpital.

Selon nos informations, c’est un proche de M. Benjamin qui a contacté les autorités un peu après 8h, pour demander aux policiers d’aller s’enquérir de l’état de l’homme. Ce dernier se trouvait à ce moment en détresse psychologique, ont fait savoir les autorités.

Selon des voisins, André Benjamin vivait avec un colocataire dans son logement, au deuxième étage d’un immeuble résidentiel situé sur la rue Ontario Est, près de la rue Sicard.

À l’arrivée des policiers, l’individu aurait tenté de s’en prendre à eux avec une arme blanche. On ignore si les agents ont eu le temps de discuter avec l’homme ou si la situation a immédiatement dégénéré.

Devant la menace, un policier a ouvert le feu en direction du désespéré. Selon nos sources, le policier qui a tiré sur André Benjamin est un policier d’expérience cumulant plus d’une dizaine d’années de service.

La Sûreté du Québec a confirmé en fin d'après-midi que les policiers avaient utilisé un pistolet à impulsion électrique sur la victime qui a également été atteinte par au moins un coup de feu. Toutefois, les autorités n'étaient pas en mesure de dire dans quel ordre les armes avaient été utilisées.

Des témoins ont rapporté que trois coups de feu auraient été tirés au cours de l’intervention.

Gravement blessé, le sexagénaire a été transporté à l’hôpital par ambulance, mais n’a pu être réanimé.

Un périmètre de sécurité a été érigé dans le secteur, forçant la fermeture complète de la rue Ontario Est entre les rues Sicard et Leclaire.

 

Comme c'est toujours le cas lorsqu’une personne meurt ou subit des blessures pouvant mettre sa vie en danger lors d'une intervention policière, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a ordonné la tenue d'une enquête indépendante pour faire la lumière dans ce dossier. Par mesure de transparence, l’enquête a été confiée à la Sûreté du Québec.

«Pas surprenant»

Dans le voisinage, la nouvelle de cette intervention qui a mal tourné s’est propagée comme une traînée de poudre.

Toutefois, bien peu de gens ont été étonnés qu’un tel drame survienne dans leur quartier. «Ce n’est pas la première fois que ça arrive et je sais très bien que ce n’est pas la dernière fois», a laissé tomber Madeleine Hamel, qui demeure dans le quartier depuis une vingtaine d’années.

«C’est bien dommage, mais d’un autre côté, des histoires de coups de feu, de meurtres, de batailles, ‘name it’, c’est fréquent dans le coin», a dit pour sa part André, un résidant du secteur.

Réputé comme étant un quartier dur où la pauvreté est omniprésente, Hochelaga-Maisonneuve a été le théâtre d’un événement pratiquement identique à celui-ci, il y a un peu plus de quatre ans.

Le 16 février 2012, Jean-François Nadreau, un homme suicidaire en crise de 30 ans, avait accueilli les policiers appelés sur les lieux avec une machette, dans un immeuble à logements situé à l’angle des rues Nicolet et Ontario Est.

Pris au piège dans l’étroit couloir menant au logement de l’individu, les policiers avaient tenté de battre en retraite en voyant M. Nadreau foncer vers eux avec son arme.

À l’époque, des témoins avaient indiqué que les policiers «n’avaient plus le choix» et «se devaient de tirer».

Jean-François Nadreau avait été atteint mortellement d’une balle au thorax.