/news/culture

Le chaton et les gangsters

Adriana M. Barraza/WENN.com

Il était une fois un chaton appelé Keanu, responsable d’une guerre entre différents gangs de criminels à Los Angeles.

Avec cette prémisse plutôt mince, les comiques Keegan-Michael Key et Jordan Peele, bien connus des amateurs de la chaîne télé Comedy Central, font de leur mieux, s’en tirant fort honorablement.

À Los Angeles (le long métrage a été tourné à La Nouvelle-Orléans), deux vendeurs de drogue aussi menaçants que cruels débarquent dans un laboratoire clandestin et tuent tout le monde (avec, en fond sonore sur les ralentis, l’incroyable «The Summoning of Heroes» d’Immediate Music, groupe spécialisé dans la musique de film). Un adorable petit chaton échappe par miracle à ce massacre qui n’est pas sans rappeler la scène de l’ascenseur dans «La matrice».

Le félin se retrouve devant la maison de Rell (Jordan Peele), qui, totalement déprimé par sa rupture, adopte immédiatement l’animal et le prénomme Keanu (oui, comme Reeves!). Son cousin et meilleur ami Clarence (Keegan-Michael Key), dont la femme et la fille vont passer le week-end à l’extérieur de la ville, succombe, lui aussi, aux charmes du petit Keanu. Lorsque l’appartement de Rell est confondu avec celui de Hulka (Will Forte arborant des «dreads»), le «pusher» du coin, et que le chaton disparaît, Rell et Clarence se lancent à sa recherche.

Mais, dommage pour eux, Keanu a été rebaptisé New Jack et a été adopté par Cheddar (Method Man), dangereux vendeur de drogue. Les deux amis vont alors se faire passer pour des criminels aguerris afin de récupérer l’animal, ce qui donne lieu à des situations rocambolesques et parfois totalement absurdes (la scène avec Anna Faris, notamment, amuse considérablement).

Réalisé par Peter Atencio (collaborateur des sketches de l’émission «Key & Peele»), «Keanu» comporte de bien intéressantes trouvailles comiques comme l’obsession de Clarence pour George Michael, ce qui donne une scène mémorable de «trip» de drogue avec le visuel du clip de «Faith». Sachant que le scénario de «Keanu» a été imaginé par Jordan Peele et Alex Rubens dans la foulée de la sortie de «John Wick», long métrage mettant en vedette Keanu Reeves dans le rôle d’un tueur à gages qui veut venger l’assassinat de son chien, cadeau posthume de sa femme décédée, les références et clins d’œil abondent, tant à l’acteur en particulier (oui, c’est bien lui qui double le chaton le temps de quelques répliques en anglais) qu’au cinéma en général (le calendrier du félin est une bien bonne trouvaille).

Malgré quelques longueurs, les 98 minutes de «Keanu» sont bien rythmées, l’alternance entre les scènes d’action et les moments déjantés ou émouvants (il y en a quelques-uns) ayant été efficacement pensée par l’équipe de production, même si on regrette que le chaton ne soit pas plus présent.

Divertissement sans prise de tête, le long métrage est donc parfait pour ne penser à rien le temps d’une séance à tarif réduit du mardi.

Note: 2,5 sur 5

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.