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Les femmes viennent de Vénus et les fleurs, de Princeville

Yves Charlebois | Agence QMI

Fernand Fortier, Brunette Boutin et leurs enfants Marie-Michèle et Jonathan.

PHOTO YVES CHARLEBOIS / AGENCE QMI

Fernand Fortier, Brunette Boutin et leurs enfants Marie-Michèle et Jonathan.

Les gens de Baie-Comeau, de Gatineau en passant par Montréal ont des chances de transplanter ces temps-ci des fleurs ou des plants de légumes qui sont cultivés à Princeville dans les Bois-Francs. Même les platebandes de plusieurs villes portent la signature d'un des plus grands producteurs de fleurs annuelles et de vivaces au Québec.

La Jardinerie Fortier, c'est la création de Fernand Fortier et de son épouse Brunette Boutin, aujourd'hui épaulés par leurs deux enfants, Marie-Michèle et Jonathan et d'une équipe de 55 employés.

Les parents de Fernand exploitaient une ferme laitière et bovine à Plessisville. Sa mère, pour arrondir les fins de mois, vendait ses légumes dans un kiosque devant la ferme. Fernand, dans son jeune âge, avait déjà la fibre entrepreneuriale. Il est le sixième d'une famille de 10 enfants et, à l'âge de 17 ans, il était déjà propriétaire de deux serres de tomates à la ferme familiale. «En 1972, la Ville voulait faire un développement résidentiel et la nouvelle rue devait passer à la même place que mes deux serres. J'ai déménagé mes serres à quelques kilomètres de là sur la route 116 à Princeville.»

Les premières années, Fernand a poursuivi la culture des tomates tout en se perfectionnant l'hiver à l'Institut de technologie agroalimentaire à Saint-Hyacinthe (ITA). Aujourd'hui, les serres s'étendent sur deux hectares et l'on prévoit agrandir encore cette année ou l'an prochain. On y fait de la vente sur place, mais 75 % de la production est destinée à des centres jardins partout au Québec ainsi qu’aux municipalités.

«Pour réussir à maintenir notre marché, il faut réussir à toujours avoir des produits de grande qualité», de raconter Fernand. Aussi, l'entreprise offre beaucoup de variétés, comme cette année, avec 25 nouvelles fleurs annuelles développées par des producteurs de semences.

Chauffage à la biomasse

Les coûts d'énergie pour chauffer un immense complexe de serres sont considérables.  En 1999, le gaz naturel a remplacé le mazout, mais quelques années plus tard en 2005, le prix du gaz a augmenté de 35 %.

Un investissement de plus d'un million de dollars a été fait pour acquérir une grosse fournaise et construire un réseau de tuyaux transportant de l'eau chaude. Aujourd'hui, le combustible provient des restes de bois des usines de meubles de la région. «À part les économies, ça permet un chauffage écologique. Nous chauffons juste en dessous des plantes en production et nous pouvons mieux contrôler l'humidité.»

En plus des fleurs, la Jardinerie Fortier cultive environ 25 hectares de légumes vendus en saison sur le marché local. On offre également des framboises et des bleuets en autocueillette. Comme il restait du terrain, 120 hectares sont plantés en maïs grain et en soya. Comme la famille Fortier «s'ennuie» au printemps, ils prennent le temps de faire les sucres avec une érablière de 1600 entailles.

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Entreprise : Jardinerie Fortier

Domaine d'affaires : Production de fleurs annuelles et vivaces, de fruits et de légumes

Siège social : Princeville

Actionnaire : Brunette Boutin, Fernand Fortier, Marie-Michèle Fortier et Jonathan Fortier

Nombre d'employés : 55 employés

Site internet : www-jardinerieFortier.com

Trois questions 

Quelle a été votre meilleure décision d'affaires?

«Convertir le chauffage des serres à la biomasse.»

Quelle a été la pire décision d'affaires?

«Ne pas avoir été rapide pour l'achat de terres agricoles quand elles étaient à bon prix.»

Quel conseil donneriez-vous à un futur entrepreneur?

«De se trouver un domaine qu'il aime, d'être perspicace et de ne jamais se décourager, surtout dans les cinq premières années.»