/news/currentevents

«J'ai rarement eu peur dans ma vie, mais je me suis vu brûler»

Kate Tremblay | TVA Nouvelles

J'ai rarement eu peur dans ma vie, mais je me suis vu brûler.» C'est dans ces mots que Steeve Émond décrit le sentiment qui l'habitait lundi lorsqu'il a fui la ville de Fort McMurray en flammes. Le Saguenéen d'origine y travaille comme camionneur depuis octobre dernier.

Il a appris lundi à la radio qu'il devait évacuer son logement. «J'ai vu beaucoup de monde en panique, a-t-il expliqué. Les règles de sécurité routière étaient mises de côté pendant l'évacuation. Ma journée de lundi est digne d'un film.»

Steeve Émond est actuellement dans un hôtel d'Edmonton où il s'est réfugié avec des amis. Il craint avoir tout perdu et ne sait pas, à ce stade-ci, s'il pourra retrouver son emploi une fois la situation revenue à la normale.

«Je ne sais pas du tout ce qui m'attend, mais au moins je suis en sécurité», a-t-il ajouté.

Des travailleurs ont aussi choisi de quitter des campements situés au nord de la ville pour laisser leur place à des réfugiés. Certains, originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, s'apprêtent aussi à rentrer au bercail.

«Il y a des gens qui arrivent en auto, des familles complètes qui débarquent sur les campements», a raconté Félix Jonkas, un travailleur du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Un autre, Gabriel Tremblay, explique qu'il a vu mercredi matin à son réveil, une petite fille promener son chien dans le corridor de son campement situé à 80 kilomètres au nord de la ville de Fort McMurray. «C'est quand on voit ça, qu'on se rend compte que c'est tragique ce qui arrive. Des gens ont tout perdu et n'ont plus d'endroits où aller.»

Les travailleurs ont reçu le mot d'ordre de surveiller leur consommation d'eau et de nourriture. «Ils nous ont annoncé qu'ils devaient rationner la bouffe mercredi matin pour s'assurer d'en avoir assez pour les réfugiés, a souligné Félix Jonkas. Je trouve ça tout à fait normal dans les circonstances. On doit faire notre part.»

Dans la même catégorie