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118 nouvelles compagnies des Panama Papers liées au Québec

Jean-François Cloutier | Bureau d'enquêtes

Au moins 118 compagnies dont le nom apparaît dans les Panama Papers rendus publics lundi ont un lien avec le Québec, selon une recherche de données effectuée par notre Bureau d’enquête.

Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a dévoilé lundi une liste de 200 000 sociétés-écrans et particuliers (parmi 11,5 millions de documents) dont les noms apparaissent dans les Panama Papers.

Notre Bureau d’enquête a pu identifier 118 compagnies dans cette liste qui ont soit un intermédiaire ou un actionnaire établi au Québec.

Dix autres entreprises identifiées ont le mot Québec ou Montréal dans leur nom, mais pas d’adresse connue ici.

53 des compagnies identifiées sont toujours actives. Elles ont des ramifications dans cinq paradis fiscaux différents (Panama, Îles Vierges britanniques, Îles Seychelles, Bahamas et Niue).

«Les gens vont trouver des noms importants que nous avons ratés. Ils pourront contacter l’ICIJ et nous transmettre des tuyaux», a affirmé Gerard Ryle, ancien journaliste d’investigation en Australie et en Irlande pour justifier la diffusion publique des données.

Les 118 compagnies s’ajoutent à une liste déjà publiée par notre Bureau d’enquête de 109 entreprises incorporées au Québec qui ont un actionnaire relié au cabinet panaméen Mossack Fonseca.

De Grandpré Chait

Le nom du cabinet d’avocats montréalais De Grandpré Chait revient à plus de 80 reprises dans les entreprises dévoilées hier dans les Panama Papers.

Le cabinet d’avocats a réagi hier en disant que le rôle du cabinet avec ces entreprises s’était limité à les dissoudre ou les faire migrer pour qu’elles soient régies par les lois canadiennes. 

Les 118 entreprises identifiées ont pour la plupart une adresse à Montréal, mais certaines ont aussi un lien dans le reste du Québec.

Guy Dufort, de Saint-Nicolas, près de Québec, apparaît comme actionnaire de la compagnie Popnan Entreprises. Contacté par téléphone, il nous a expliqué avoir ouvert une compagnie chez Mossack Fonseca pour pouvoir acheter un terrain au Panama. «On m’a dit que je devais ouvrir une compagnie pour acheter au Panama», a-t-il répondu au Bureau d’enquête.

Le nom d’un avocat de Candiac, Gilles Pinard, apparaît aussi comme intermédiaire pour Anvil Investments Inc.

Celui-ci n’a pas voulu nous donner de détails sur cette entreprise. «Comme vous le savez, nous sommes tenus au secret professionnel», nous a-t-il dit.

Une autre entreprise, Latco Commerce Investment, donne l’adresse d’un actionnaire à La Baie, au Saguenay.

Le propriétaire à l’adresse citée nous a dit avoir hébergé brièvement un étudiant de la Colombie. Il a dit avoir depuis perdu sa trace.

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