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Flou autour du déménagement des embryons

TVA Nouvelles

Des dizaines de couples en traitements de fécondation in vitro sont dans l'incertitude alors que la clinique de procréation assistée du CHUM, lancée en grande pompe en 2011, fermera ses portes le 30 juin prochain.

Où iront les embryons et les échantillons de sperme congelés et entreposés au CHUM? C'est la question que se posent des couples à 52 jours de la fermeture à la suite à l'adoption et à la mise en application de la nouvelle Loi sur la procréation assistée promulguée par Québec.

C’est que les patients n’ont toujours pas reçu de directives claires quant au transfert des dossiers, soit au privé, à la clinique Ovo, ou à l’hôpital Ste-Justine.

«Abondonnée, c'est le terme, perdue aussi», a commenté l’une de ces patientes qui a souhaité conserver l’anonymat.

Après trois inséminations infructueuses et plusieurs traitements éprouvants, elle déplore le manque de directives claires données aux employés quant au transfert des dossiers. Ce qu'on lui a répondu au sujet de son embryon conservé là-bas l'a sidérée.

«On m'a dit que je pouvais carrément venir à la clinique du CHUM pour le récupérer. Ça n'a aucun bon sens, car je fais confiance au personnel médical, déplore-t-elle. Je ne peux pas venir avec une glacière ou quelque chose du genre, c'est inconcevable.»

«C'est un sentiment partagé par tout le monde», ajoute Céline Braun, de l’Association des couples infertiles du Québec.

La clinique de procréation assistée du CHUM avait un taux de réussite exceptionnelle, 800 naissances y sont associées depuis 2011. La fin des activités est déplorable selon le député François Paradis, qui se désole qu'on laisse des patients dans cette situation. Il interpelle le gouvernement.

«Ça s'ajoute à cette autre mauvaise nouvelle concernant la médication où il y a encore des flous et on a la fermeture d'une clinique reconnue comme top 5 au Canada. Encore une fois, c'est une tuile sur la tête», dit-il.

La direction du CHUM tente de rassurer les patientes.

«Qu'elles ne s'inquiètent pas, on fait toutes les démarches pour faire les choses le mieux possible, pour qu'elles aient toute l'information et que l’on puisse faire le transfert de leur dossier, ou de leur spécimen, leur embryon, de la façon la plus sécuritaire», a commenté la présidente-directrice générale adjointe du CHUM, Danielle Fleury.

Mme Braun, elle, demeure sceptique. Le CHUM enverra sous peu une lettre aux 10 000 personnes qui sont passées à la clinique depuis 2011 pour leur demander ce que l'hôpital doit faire avec leurs échantillons.

L'infertilité touche un couple sur six en âge de procréer au Québec.

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