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Les consommateurs n’auraient rien à gagner

Libéraliser la vente d’alcool en mettant fin au monopole de la Société des alcools du Québec (SAQ) ne serait pas une politique avantageuse pour les consommateurs québécois, selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS).

L’institut, basé à Montréal, a d’abord procédé à un examen des prix des produits alcoolisés en Colombie-Britannique, province canadienne qui a libéralisé la vente d’alcool en 2002.

Selon l’IRIS, l’étude permet de réaliser des comparaisons montrant les effets qu’une politique semblable pourrait avoir au Québec.

« Au Québec, certains, dont la Commission Robillard, s’appuient sur le modèle de la Colombie-Britannique pour affirmer qu’une libéralisation de l’alcool permettrait aux Québécois-e-s de bénéficier d’une baisse des prix. Or, on remarque d’entrée de jeu en Colombie-Britannique que le vin et les spiritueux coûtent 9,6% plus cher chez les détaillants privés que dans les commerces de la société d’État, la BC Liquor Stores », affirme Julia Posca, chercheuse à l’IRIS.

«Cela montre bien que ce n’est pas le privé qui tire les prix du public vers la bas, mais l’inverse», ajoute la co-auteure du rapport de recherche.

L’IRIS indique que le Syndicat des employé(e)s de magasin et de bureau de la SAQ a participé au financement de l’étude intitulée « Faut-il mettre fin au monopole de la SAQ ? – Comparaison du commerce des vins et des spiritueux au Québec et en Colombie-Britannique ».

L’examen de l’IRIS concerne 584 bouteilles représentant 19 produits et compare les prix de la SAQ à ceux de son équivalent de la Colombie-Britannique, le BC Liquor Stores, et à ceux d’établissements privés de cette province.

Les données recueillies ont notamment montré que le prix moyen d’une bouteille d’alcool était de 17,24$ à la BC Liquor Stores, alors qu’il était de 17,71$ à la Société des alcools du Québec (SAQ), une différence de 2,6% en faveur des consommateurs de la côte Ouest.

« Contrairement à ce qu’affirment les tenants du libre-marché, l’apparition de concurrents privés n’a pas eu pour impact de faire diminuer les prix. La différence entre les prix affichés par la société d’État en Colombie-Britannique et au Québec est minime. Si la BC Liquor Stores a un léger avantage du côté du vin, la SAQ en a un pour les spiritueux », soutient Mme Posca.

Dans ses principales conclusions, l’étude d’une quarantaine de pages constate que la libéralisation n’a pas empêché la Colombie-Britannique de maintenir les revenus qu’elle percevait grâce à l’alcool, et que « le régime en place au Québec a quant à lui permis de grandement augmenter des revenus du gouvernement ».

Par ailleurs, l’IRIS estime que la SAQ se démarque favorablement à titre d’entreprise publique bien gérée parce que ses frais d’administration ont diminué par rapport au montant de ses ventes depuis dix ans.

« En plus, si les dividendes qu’elle (la SAQ) verse au gouvernement (du Québec) sont depuis toujours plus bas que ce que prélève la Colombie-Britannique, ils ont augmenté de 65% entre 1997 et 2013, contre seulement 14% en Colombie-Britannique », affirme Simon Tremblay-Pepin, co-auteur de l’étude.

Wolfblass Yellow Label Cabernet Sauvignon (750ml)

SAQ: 18,05

CB public: 18,49$

CB privés: 19,64$

Apothic Red (750ml)

SAQ: 17,00$

CB public: 16,19$

CB privé: 18,82$

Ruffino Chianti (750ml)

SAQ: 16,90$

CB public: 16,19$

CB privé: 17,63$

Canadian Club Premium Whisky Canadien (750ml)

SAQ: 23,70$

CB public: 24,58$

CB privé: 26,94$

 

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