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Projet de loi sur l'industrie du taxi : «un régime pour tout le monde»

Charles Lecavalier

 - Agence QMI

Le gouvernement Couillard pousse Uber dans ses derniers retranchements avec un projet de loi massue qui rend illégal le modèle d’affaire de la multinationale et qui fait la joie de l’industrie du taxi.

«Un chauffeur illégal s’expose à beaucoup de problèmes», a lancé le ministre des Transports, Jacques Daoust, qui a déposé jeudi le projet de loi 100 sur les taxis, qui lui permettra de saisir des voitures, suspendre des permis de conduire et donner des amendes pouvant atteindre 25 000 $.

Le modèle d’Uber, qui autorise ses conducteurs à utiliser leurs propres véhicules, est mis à mal. Fini le «covoiturage urbain», une définition qui était largement contestée et qui n’a pas passé le test de la Cour. Les chauffeurs d’Uber devront avoir des permis de taxi, ainsi qu’un permis de conduire de classe C et une coûteuse immatriculation T pour leur automobile.

C’est sans compter l’exigence de réussir un cours de 150 heures à Montréal. «Il ne peut pas y avoir du taxi professionnel et du taxi amateur. C’est une industrie et tout le monde doit se soumettre aux règles», a expliqué M. Daoust.

Uber devra payer des taxes

Uber devra également récolter la TPS et la TVQ sur chaque course et louer des permis pour faire rouler ses chauffeurs. Le ministère estime que le coût de la location est de 300 $ par semaine à Montréal.

Comme l’écrivait «Le Journal de Québec» en février, le gouvernement Couillard s’est largement inspiré de Téo Taxi, lancée par l’ancien dragon Alexandre Taillefer, pour rédiger son projet de loi. La compagnie utilise une technologie à la fine pointe, loue ses permis de taxi et opère dans la légalité. Jacques Daoust conseille même à Uber de faire «comme Téo taxi et avoir une flotte», si elle veut fonctionner au Québec.

 

Les taxis devront s’améliorer

La pièce législative ne fait pas qu’encadrer Uber, elle compte aussi mettre à niveau les entreprises de taxi au Québec, qui sont «en rémission». Si elle est adoptée, tous les chauffeurs devront maintenant pouvoir être évalués par la clientèle. Le paiement électronique sera obligatoire.

Elle permettra également l’instauration d’un tarif variable. Les compagnies de taxi pourront charger plus cher lors des courses de nuit et lors des jours fériés.

«L’industrie du taxi est en rémission. Elle doit fournir un service de qualité», a dit M. Daoust.

Uber a annoncé jeudi qu’elle ne donnerait aucune entrevue et qu’elle étudierait en détail le projet de loi avant de faire des commentaires.

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