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Uber divise les libéraux

Charles Lecavalier | Agence QMI

Alors que Philippe Couillard affirme que le PLQ est «toujours de son temps», les jeunes libéraux accusent son gouvernement de tourner le dos à l’innovation et à l’économie du partage avec son projet de loi sur l’industrie du taxi.

«Le parti libéral est toujours de son temps, et même un pas en avant», a lancé le premier ministre lors du discours d’ouverture du Conseil général du PLQ à Drummondville vendredi.

Or la commission jeunesse de son parti estime que la pièce législative déposée jeudi par le ministre des Transports Jacques Daoust attaque de front «l’économie du partage», portée par les nouvelles technologies. Son président Jonathan Marleau va jusqu’à dire qu’elle «ne respecte pas toutes les valeurs libérales». Le PLQ doit «laisser le choix au consommateur» tout en s’assurant d’une saine compétition, ce qui entre en contradiction selon lui avec la décision de M. Daoust, a-t-il expliqué.

Les membres de la commission croient que plusieurs militants libéraux sont mécontents et qu’ils réussiront à faire adopter une résolution forçant le gouvernement à faire une place à «l’économie du partage» et à la multinationale Uber.

Le projet de loi 100, déposé jeudi à l’Assemblée nationale, pousse Uber dans ses derniers retranchements et obligerait l’entreprise à posséder elle-même sa flotte d’automobiles alors que son modèle repose sur l’usage des véhicules personnels de ses chauffeurs. Elle devra louer des permis de taxi et ses conducteurs devront avoir des permis de conduire de classe C.

Un projet de loi équitable

Les ministres du gouvernement Couillard ont répliqué en affirmant qu’ils étaient solidaires du projet de loi, inévitable. «Il respecte les valeurs libérales. Les valeurs libérales, c’est l’équité», a lancé Gaétan Barrette.

Sa collègue ministre de l’Innovation Dominique Anglade, prise a partie par des militants qui veulent la battre dans sa circonscription lors d’une investiture, a ajouté que la solution choisie est la seule qui était possible dans les circonstances. «On ne pouvait pas payer un milliard pour racheter des permis de taxi», a expliqué Dominique Anglade aux médias. Elle affirme qu’il n’était pas réaliste d’avoir un système à deux vitesses, où Uber continuerait d’opérer sans permis.