/news/culture

Donner la voix aux adoptés

Camille Dufétel | Agence QMI

PHOTO TOMA ICZKOVITS / AGENCE QMI

Permettre aux personnes adoptées de se rencontrer, d’échanger, et les outiller si elles souhaitent en apprendre plus sur leurs origines «ne peut faire que du bien», selon Karim Ouellet.

D’origine sénégalaise et lui-même adopté, le chanteur se produira avec d’autres artistes au premier spectacle-bénéfice du Regroupement des adopté(e)s à l’international sans frontières (RAIS), mercredi soir à La Tulipe.

Dix autres interprètes se produiront afin de donner une voix aux adoptés: Bïa, Mamselle Ruiz, Alexandre Désilets, Jjanice+, Funk Lion, Maritza, Blair Thomson, Sarahmée, Béo Monteau et Paul Kunigis, qui sera également à l’animation. Notons que certains d’entre eux ont été adoptés, dont Maritza - République dominicaine -, Funk Lion - Haïti - et Blair Thomson - Ontario.

«J’ai été adopté à trois mois environ et tout a super bien été, je n’ai jamais eu de problèmes dans ma vie par rapport à ça, j’étais tout bébé, lance Karim Ouellet. Mais je pense à des gens adoptés un peu plus vieux que ça, j’imagine que certains veulent entreprendre des démarches, en apprendre plus sur leurs origines, voire retrouver leurs parents biologiques, ce n’est pas toujours simple d’avoir ce bagage-là. Je pense que c’est important d’avoir une association qui crée des rencontres et leur donne des outils.» C’est la chanteuse Maritza qui lui a soufflé l’existence du RAIS, qui existe depuis 2009. L’artiste a alors accepté de se joindre à ce premier événement-bénéfice.

De son côté, la chanteuse brésilienne Bïa, qui s’est déjà impliquée dans des causes liées à l’adoption internationale, notamment au sein de la Fédération des Parents Adoptants du Québec, estime important que des adoptés puissent échanger sur leur histoire de vie. «Qu’ils prennent la parole, qu’ils disent ce que ça leur fait vivre que d’avoir cette double identité, qu’ils racontent ce vécu très singulier qui peut comporter beaucoup de peine, mais aussi peut-être des victoires, ça me touche. C’était évident pour moi de participer à cet événement.»

«Un réel besoin»

«La création de notre regroupement a commencé par le désir de quelques adoptés dont je faisais partie de se rencontrer, de voir si on avait des points en commun et au fil du temps se sont joints d’autres adoptés, explique la directrice du RAIS, Alexandrine Ubiera-Joncas. Puis on a décidé de s’enregistrer un peu plus tard dans l’année 2009 parce qu’on a vu qu’on répondait à un réel besoin. Notre vocation est de donner une voix aux adoptés parce que quand on parle d’adoption internationale, on va parler des parents adoptants, du processus d’adoption en général, mais souvent on oublie un peu de donner la parole à l’acteur principal, l’adopté.»

Le regroupement compte près de 300 membres originaires d’une quinzaine de pays. «Parfois, ils viennent juste pour écouter, par la suite ils vont discuter et réaliser qu’ils ont des points communs avec d’autres expériences vécues par d’autres adoptés, poursuit la directrice. Dans le cas d’un processus de retour aux sources, on veut également pouvoir les guider, il faut être préparé à ça.»

Durant la dernière année, le RAIS a aidé cinq personnes adoptées à prendre contact avec leur famille biologique. Avec ce spectacle-bénéfice, l’organisme souhaite développer ses activités auprès des adoptés et organiser des discussions avec des familles québécoises en processus d’adoption ou qui ont adopté.

«Je pense que ça peut faire que du bien à beaucoup de personnes, il y a quelque chose d’assez universel là-dedans», conclut Karim Ouellet. Mercredi soir, ce dernier entonnera quelques chansons seul à la guitare, dont certaines issues de son dernier album Trente. Véronique Marcotte signe la mise en scène du spectacle.

Spectacle-bénéfice RAIS, 18 mai à 20 h, La Tulipe, 20 $