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Direction du PQ

Lisée écarte tout référendum d’ici 2022

Louis Gagné

 - Agence QMI

Le député de Rosemont, Jean-François Lisée, a annoncé lundi qu’il se lançait dans la course à la direction du Parti québécois (PQ) en promettant de ne pas tenir de référendum sur la souveraineté dans le premier mandat d’un gouvernement péquiste.

Avant de convier la population à un troisième rendez-vous référendaire, l’aspirant-chef croit que le PQ doit d’abord chasser les libéraux du pouvoir. Or, il estime que les Québécois sont encore trop réfractaires à l’idée de tenir un référendum pour confier les rênes du pouvoir à la formation souverainiste et préféreront maintenir le Parti libéral en place si cette menace n’est pas écartée d’emblée.

«Tenter de forcer ce blocus, c’est pousser encore une fois suffisamment d’électeurs dans les bras des libéraux pour leur assurer une autre victoire. Et leur donner quatre années supplémentaires pour affaiblir les ressorts de la nation», a fait valoir Jean-François Lisée.

Selon lui, la seule façon de sortir du «piège libéral» est de s’engager à ne pas tenir de référendum lors de l’élection de 2018. Un premier mandat servirait à réparer les «dégâts» causés par les libéraux tout en peaufinant le projet de pays.

Un «ostie de bon gouvernement»

«Si je suis chef du Parti québécois, en 2018, pendant quatre ans, nous allons être, pas un bon gouvernement, un ostie de bon gouvernement, si vous me passez l’expression, et on va reconstruire le Québec pour qu’il soit fort pour l’étape suivante», a déclaré le candidat.

Une fois le Québec «reconstruit», un Parti québécois dirigé par Jean-François Lisée s’engagerait à tenir un référendum sur la souveraineté lors des élections de 2022. À ceux qui l’accuseraient de vouloir reporter la souveraineté aux calendes grecques, le député de Rosemont rappelle que Jacques Parizeau avait eu besoin de plusieurs années, entre son arrivée à la tête du PQ en 1988 et l’élection de 1994, pour élaborer son projet de pays.

«Il a pris six ans à se préparer, à répondre à toutes les questions que la conjoncture de l’époque posait et là on a six ans devant nous. Je ne veux pas mettre la souveraineté en veilleuse, je veux la mettre en lumière», a-t-il insisté.

Cloutier et Hivon réagissent

Les deux adversaires déclarés de Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier et Véronique Hivon, n’ont pas tardé à attaquer son agenda référendaire.

M. Cloutier a soutenu que la politique évolue trop rapidement pour qu’on puisse éliminer, six ans à l’avance, toute possibilité de tenir un référendum sur l’avenir constitutionnel du Québec.

«J’ai assez d’expérience en politique pour vous dire que les choses changent extrêmement rapidement et d’écarter tout projet de consultation populaire pendant les six prochaines années m’apparaît irréaliste eu égard au caractère imprévisible de la vie politique», a dit le député de Lac-Saint-Jean.

Véronique Hivon croit pour sa part qu’il faut d’abord «redonner du sens au projet d’indépendance» avant d’arrêter une date et de débattre de mécanique référendaire.

«La souveraineté, ce n’est pas une date sur un calendrier, c’est un projet de société que l’on veut bâtir avec les Québécois, pour les Québécois», a dit la députée de Joliette.

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