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L’utilisation d’antipsychotiques chez les aînés remise en question

Archives / Agence QMI

En réduisant l’utilisation de médicaments antipsychotiques chez les personnes âgées, il est possible de diminuer le nombre de chutes, de comportements agressifs et la résistance aux soins, conclut une étude publiée lundi.

La Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé (FCASS) a travaillé avec 56 foyers de soins de longue durée au Canada afin de vérifier les effets des médicaments antipsychotiques souvent prescrits de manière inappropriée dans ce type d’établissement.

Des statistiques citées par cette étude précisent que 27,5 % des personnes qui vivent dans un établissement de soins de longue durée au Canada prennent des médicaments antipsychotiques sans avoir reçu un diagnostic de troubles mentaux.

«Les antipsychotiques sont souvent administrés aux patients atteints de démence pour contrer la résistance aux soins et d’autres comportements difficiles», a mentionné Stephen Samis, vice-président à la FCASS, en publiant les résultats de l’étude menée en 2014-2015.

Résultats probants

En un an, les résultats semblent probants et se traduisent par moins de visites à l’urgence des centres hospitaliers en raison d’un moins grand nombre de chutes, qui ont diminué de 20 % chez les résidents ayant réduit ou éliminé complètement les antipsychotiques.

La violence verbale a aussi régressé (33 % de moins) tout comme la violence physique (18 %) et les comportements socialement inacceptables (26 %).

«L’élimination du recours aux antipsychotiques inquiétait grandement, car on croyait que cela augmenterait les comportements agressifs. C’est ce type de comportement qui a d’abord poussé les établissements à utiliser les antipsychotiques. Notre initiative a non seulement donné lieu à une diminution notable, mais elle a mis un terme aux débats à ce sujet », a déclaré M. Samis.

La FCASS croit qu’il serait possible de diminuer ou supprimer l’utilisation d’antipsychotiques pour 35 000 patients au Canada, ce qui ferait en sorte d’éviter 25 millions de prescriptions au pays.

«Les prévisions de la FCASS montrent également une économie possible de 194 millions $ en coûts directs en services de santé», a ajouté Stephen Samis.

Un échantillon de 416 résidents a été suivi par les chercheurs en Alberta, en Colombie-Britannique, en Ontario, en Saskatchewan et au Yukon. Ces quatre provinces et ce territoire sont les seuls à rendre les données sur l’utilisation potentiellement inappropriée d’antipsychotiques dans les établissements de soins de longue durée. Les données n’étaient pas disponibles pour le Québec et les autres provinces.

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