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«Oui, je pleure. Oui, je ris» - Céline Dion

Dans une entrevue exclusive au Canada, Céline Dion s’est livrée à Marie-Claude Barrette sur ses derniers instants auprès de l’homme de sa vie, René Angélil, qui a perdu son combat contre le cancer, le 14 janvier dernier.

Forte, le regard résolument tourné vers l’avenir, la chanteuse a parlé dans cette émission spéciale diffusée à TVA des défis qu’elle et sa famille ont dû relever ensemble au cours des derniers mois.

«C’est d’apprendre à vivre avec une grande perte. C’est d’apprendre à vivre avec l’homme que tu as toujours aimé, qui n’est PAS physiquement là à côté de toi, mais qui t’habite», a-t-elle expliqué à l’animatrice de «Deux filles le matin», lors de leur entretien enregistré sur la scène du Colosseum du Caesars Palace, à Las Vegas, le 12 mai dernier, là même où, depuis 2003, la diva s’est produite environ 1000 fois.

Avant de prendre l’avion pour rentrer à Montréal et assister aux funérailles nationales de son mari le 22 janvier dernier, Céline a senti le devoir de parler à ses enfants.

Pour parler à ses jumeaux – Eddy et Nelson (5 ans) -, elle s’est tournée vers le film Up (Là-haut), de Pixar, qui raconte le départ d’une personne dont le conjoint, un vieil homme, doit «réapprendre à vivre seule et à se bâtir un restant de vie».

«Je leur ai demandé le nom de l’épouse qui est partie «Up». Ils ont dit: ‘’Ellie, elle est ‘’up’’. Je leur ai dit : bien elle est avec papa. Puis, mon père à moi aussi il est «Up». Puis, ris pas, il s’appelait Adhémar. Papa, il est «up». Il n’est peut-être pas dans la maison, mais il est dans ton cœur, puis il va toujours être avec toi.»

Aux funérailles, son fils aîné, René-Charles (15 ans), a fait un discours d’adieux très émouvants, dans lequel il a évoqué l’importance de la famille.

«Puis là je suis allé voir mon grand garçon. ’’Est-ce que tu veux parler à l’église’’? Si ta réponse c’est ‘’non maman, je ne suis pas capable’’, ton père et moi nous acceptons ça. C’est la dernière chance que tu as de parler à ton père. Je te dis ça avec mon cœur de mère.»

La cérémonie à la basilique était très symbolique. C’est là que Céline et René avaient uni leurs destinées il y a 21 ans.

«J’ai décidé de m’engager à la vie à la mort dans cette union. Lui de même. On a tout vécu ensemble, toutes nos passions, à travers les enfants, le show-business et les voyages. C’était une continuité de mon mariage.»

Pourquoi la pièce 3 h 20 pour l’arrivée à la basilique? Céline raconte une coïncidence qui l’a frappée. «La veille de son départ, mon mari – qui ne m’appelait presque plus, parce qu’il ne m’entendait plus et avait beaucoup de difficultés à parler – m’a appelé vers 19 h 30 et m’a dit: «Je voudrais te souhaiter un bon spectacle et te dire que je t’aime». Selon le coroner, René serait décédé vers 3 h 20...«Pour faire la boucle, il fallait que je sois là à 3 h 30»

«Tous les jours, je vois Eddy, Nelson et René-Charles, et je vois René», a dit celle qui revient au Québec cet été pour donner une ronde de spectacle à partir du 31 juillet, et qui dit ne pas s’ennuyer de René lorsqu’elle se trouve à la maison avec ses enfants.

Un segment de l’entrevue est consacré à René-Charles. Depuis peu, Céline se tourne vers son fils aîné pour lui demander conseil.

«René-Charles maintenant, de presque ses 16 ans, 15 ans et une demie... Je le regarde et honnêtement, je viens juste de commencer à lui demander: ‘’qu’est-ce que tu penses?’’ Puis lui, il est drastique, mais ça m’aide. Parce que quand je me mets à mijoter:

‘’Devrais-je? Qu’est-ce que René ferait?’’ C’est difficile.»

Celui qui a porté sa carrière pendant 30 ans avant de confier les rênes à son ami Aldo Giampaolo en juin 2014 lui manque souvent. «Ça ne serait pas compliqué si René était là; il trancherait.»

Un nouvel album

«Encore un soir», le premier extrait du prochain album de Céline que son ami de longue date Jean-Jacques Goldman («D’eux», «S’il suffisait d’aimer») a écrit pour elle, sortira simultanément au Québec et en France le 24 mai. Une chanson qui bouscule bien des émotions chez la chanteuse, qui n’avait pas collaboré avec Goldman depuis treize ans («Une fille et quatre types»).

«"Encore un soir, encore une heure, encore une larme de bonheur’’ Oui, je pleure. Oui, je ris. Oui, j’ai encore du plaisir. Oui, ça me fait encore mal, a-t-elle lancé au bord des larmes avant de se ressaisir aussitôt et de poursuivre, mais je le fais encore.»

Même s’il n’est pas fin prêt, ce très attendu opus en français sera lancé à la fin août, assure-t-elle.

Céline a accordé trois entrevues, le 12 mai dernier, à Las Vegas: celle de TVA, produite par Les Productions Déferlantes, mais aussi à Deborah Roberts du rendez-vous matinal «Good Morning America» du réseau ABC et au journaliste Stéphane Rotenberg, qui sera diffusée le 24 mai prochain sur les ondes de M6 France.

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