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18 mois de prison pour l'ex-maire de Boisbriand

L'ancien maire de Boisbriand Robert Poirier devra passer les 18 prochains mois derrière les barreaux.

Reconnu coupable de fraude, de complot et d'abus de confiance après avoir été arrêté par l'UPAC, il avait admis pour la première fois ses torts plus tôt cette semaine.

Robert Poirier qui a dirigé Boisbriand de 2000 à 2005 avait été arrêté en 2011 lors d'une méga-opération. Vendredi, il a pris le chemin des cellules après la décision du juge de la Cour du Québec Normand Bonin.

Aux dires du magistrat, l'accusé était à la tête d'un système de collusion et de corruption dans l'octroi de contrats municipaux à Boisbriand.

Le juge est arrivé à cette décision à la suite des suggestions des deux parties: la Couronne demandait 30 mois alors que la défense plaidait pour une peine à purger dans la collectivité.

Robert Poirier avait mis en place un stratagème selon lequel trois firmes de génie se partageaient les contrats. La Ville de Boisbriand estime avoir perdu de cette façon des millions de dollars.

Selon la Couronne, la décision du juge Bonin envoie un message clair.

«Il a imposé une peine d’emprisonnement ferme, a expliqué Brigitte Bélair, procureure de la Couronne. Ce qu’il a considéré, essentiellement, c’est que le message de dissuasion doit être clair et sans équivoque. Dans ce contexte-là, l’emprisonnement avec sursis était donc exclu. La peine de 18 mois tient compte du fait, également, que M. Poirier était aux premières loges, et c’est le terme qu’il a utilisé, aux premières loges du stratagème qui a contribué au maintien d’une culture de collusion et de corruption à Boisbriand.»

L’ex-maire Poirier a minimisé ses gestes, les justifiant en disant qu’il s’agissait d’une autre époque avec d’autres mœurs. Le fait qu’il n’ait pas proposé de remboursement a également joué en sa défaveur.

Après le prononcé de la sentence, vendredi, l’actuelle mairesse de Boisbriand, Marlene Cordato, n’a pas été tendre à l’endroit de M. Poirier dans ses commentaires.

«En tout respect pour le système de justice, il appartient au juge d'imposer la sentence et d'en déterminer la sévérité, a dit la mairesse dans un communiqué de presse. Pour moi, tromper la population à titre d'élu est le pire crime qui puisse être commis en démocratie. Les crimes de Robert Poirier sont inacceptables. Être un élu, c'est un privilège qui comporte des obligations d'honnêteté et d'imputabilité.»

Mme Cordato a souligné que les stratagèmes utilisés ont coûté des millions de dollars en trop lors de l’attribution de contrats à des entreprises collusionnaires et elle a rappelé que la Ville a entrepris des procédures en décembre dernier pour récupérer une partie des sommes volées.

«Des mises en demeure totalisant 10,6 millions $ ont été signifiées aux firmes et collusionnaires qui ont avoué leur culpabilité ou qui ont été condamnés par les tribunaux pour leurs actes répréhensibles, peut-on lire dans le communiqué de la mairesse.

«L'ex-entrepreneur Lino Zambito et sa firme Les Constructions Infrabec inc., les anciens maires Robert Poirier et Sylvie St-Jean, la firme d'ingénieurs Roche, Groupe-Conseil (qui vient de changer de nom pour Norda Stelo) ainsi que son ex-vice-présidente, France Michaud, ont été visés par les actions de recouvrement de la Ville.»

«Maintenant que le volet criminel de ces actes a été confirmé, leurs auteurs doivent faire amende honorable et rembourser les sommes volées aux citoyens», a ajouté Mme Cordato.

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