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Des installations qui sentent l’improvisation

André-Sylvain Latour et Maxime M. Landry | TVA Nouvelles

Premier d'une série de trois reportages sur l’installation des boîtes postales communautaires et sur les recours des propriétaires.

Installations non terminées, des excavations qui mettent en péril des clôtures, un trou près d’une école primaire laissé sans protection... la liste des problèmes constatés dans le quartier Laval-des-Rapides, à Laval, est longue. Le déploiement des boîtes postales dans le secteur soulève beaucoup de questions.

Pour Marc Legault, citoyen de la rue Briand, le cauchemar commence l’automne dernier. L’entrepreneur engagé par Postes Canada éventre son terrain pour y installer des boîtes postales: un trou de plus de trois mètres de large, par près de deux mètres de profondeur, ce qui est environ 50 centimètres plus loin que la servitude municipale, la zone autorisée pour Postes Canada.

De plus, l’excavation met en péril au moins un poteau de sa clôture et arrache trois des vignes qu’il vient de planter. Comme son terrain possède une pente de 70 degrés, il craint aussi que sa piscine ne soit éventuellement endommagée, puisque le trou n’est qu’à quelques dizaines de centimètres de sa base.

Le 26 septembre, M. Legault interpelle José Nunez-Melo, qui tente de se faire réélire dans la circonscription sous la bannière du Parti vert après avoir été expulsé du NPD. L’ex-député lui suggère de s’adresser à l’ombudsman, ce qu’il fait. Il envoie également un courriel à Postes Canada. Sauf un accusé de réception, il ne reçoit aucune réponse.

«Ce n’est pas de l’expropriation, c’est du vol»

Marc Legault déplore le manque de considération de Postes Canada pour les propriétaires.

«Quand tu es exproprié, tu reçois une lettre et une compensation financière. Là, rien. On n’a rien vu comme ça en matière de restriction de liberté individuelle depuis la conscription», affirme-t-il.

«Qui doit entretenir l’endroit et ramasser les publicités que les gens vont laisser par terre? Et si quelqu’un se blesse, qui est responsable? Et surtout, qui va payer pour les dommages à ma propriété?», se demande monsieur Legault.

Comme nous l’avons constaté, près de la moitié des installations dans un périmètre de seulement quelques coins de rue semblent ne pas avoir été terminées ou avoir été simplement abandonnées.

«Non, mais vraiment, je me sens bafoué, volé, même violé. En plus de perdre mon intimité, je vais devoir payer des taxes pour Postes Canada», déplore monsieur Legault.

Pour Marc Legault, la société d’État doit reprendre le service à domicile et enlever les boîtes postales qui ont déjà été installées. En attendant, il espère que la valeur de sa résidence ne soit pas trop affectée par la situation.

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