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Course au PQ: Lisée propose de geler le salaire des médecins

Louis Gagné | Agence QMI

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Jean Francois Lisee

Simon Clark/Agence QMI

Jean-François Lisée propose de geler le salaire des médecins afin de réparer le «gâchis» provoqué par les libéraux sur les finances publiques.

Le candidat à la direction du Parti québécois (PQ) a rappelé mercredi que la rémunération totale des omnipraticiens et des spécialistes avait plus que doublé entre 2006 et 2016, passant de 3,3 à 7,1 milliards de dollars. Or, cette hausse «excessive» ne s’est pas traduite par de meilleurs soins offerts à la population, croit l’aspirant-chef.

«Le nombre d’actes médicaux a légèrement augmenté (suivant l’augmentation générale de la population, +10 %), mais le nombre d’actes par médecin a diminué, notamment parce que ces derniers sont parvenus à augmenter substantiellement leur revenu tout en réduisant leur charge de travail», a-t-il écrit sur son blogue.

M. Lisée soutient «qu’aucune décision prise au cours des dernières décennies n’a causé autant de tort aux finances publiques» que l’augmentation salariale négociée par Philippe Couillard et Gaétan Barrette lorsqu’ils étaient respectivement ministre de la Santé et président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Si l’augmentation consentie aux médecins avait été limitée à la hausse de l’inflation, leur rémunération s’établirait à 4,2 milliards $, soit presque 3 milliards $ de moins, a fait remarquer le député de Rosemont.

S’il était élu chef du PQ et premier ministre, Jean-François Lisée s’engage, dès son arrivée au pouvoir en octobre 2018, à geler l’enveloppe de rémunération des médecins jusqu’à ce qu’elle «se rééquilibre autour d’une norme québécoise de la part de la richesse que la société consent à verser à ses médecins».

«Il ne s’agit évidemment pas de sous-payer les médecins, mais leur rémunération doit s’insérer dans un continuum incluant les autres professionnels du réseau de la santé, et plus largement l’ensemble des travailleurs et des travailleuses du Québec. Les médecins ne doivent pas constituer une caste à part», fait valoir M. Lisée.

Cet exercice de rééquilibrage prendrait entre cinq et dix ans. Le candidat à la succession de Pierre Karl Péladeau insiste pour que la norme québécoise ne soit pas calculée en tenant compte de la moyenne canadienne.

Le député de Rosemont s’engage également à annuler la hausse de rémunération de 2,3 milliards $ d’ici 2021-2022 prévue dans les ententes existantes.

«Cette hausse supplémentaire est insoutenable pour les finances publiques et injustifiable à tout point de vue», écrit l’aspirant-chef, qui souhaite aussi mettre fin à l’incorporation des médecins.

«Big bang» de la répartition des tâches

Jean-François Lisée propose par ailleurs de révolutionner la répartition des tâches dans le réseau de la santé afin que les professionnels autres que les médecins puissent prodiguer davantage de soins. La Coopérative de solidarité SABSA de Québec, qui a fait beaucoup parler d’elle ces dernières semaines, est un exemple à suivre selon lui.

«En ce moment, les spécialistes consacrent une trop grande part de leur temps à réaliser des actes qui pourraient être assumés par les omnipraticiens et les omnipraticiens à réaliser des actes qui devraient être délégués notamment aux infirmiers ou aux pharmaciens», a dit M. Lisée, qui ne propose rien de moins qu'un «big bang» de la répartition des tâches en santé.