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Un milliardaire canadien lié au scandale des «Panama Papers»

Un milliardaire canadien a été autorisé à créer des sociétés offshore par le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, au coeur du scandale financier des «Panama Papers», qui avait pourtant émis des réserves sur le passé judiciaire de ce client, selon des médias du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

Ting Kwok Ho, un Chinois devenu canadien en 1986 sous l'identité de David Ho, avait été en 2009 inculpé pour port d'arme, usage de cocaïne, violence et séquestration d'une prostituée, soit deux ans avant le montage de sociétés écrans, selon le quotidien Toronto Star et la chaîne CBC membres du consortium.

Le cabinet panaméen a enregistré en juillet 2011 une société holding Harmonyworld Investment dont les deux dirigeants étaient M. Ho et son épouse, selon les médias.

Quatre jours plus tard, le cabinet panaméen mettait en garde son bureau de Hong Kong sur les démêlés judiciaires de M. Ho et sur son statut de «personne exposée politiquement (PEP)». «Selon notre approche fondée sur le risque, les PEP sont considérées comme des personnes à risque élevé», écrivait Mossack Fonseca.

Jenna Qiu, repésentante à Shanghaï du cabinet panaméen et qui parrainait le milliardaire canadien, a écarté ces risques en estimant que si M. Ho était issu d'une lignée de PEP en Chine, il avait émigré au Canada depuis plusieurs années et ne devait plus être considéré comme lié aux politiques.

Le 4 août 2011, le cabinet Mossack Fonseca avait indiqué dans un courriel avoir engagé des démarches pour rembourser les frais engagés par M. Ho, après le refus de Fonseca d'enregistrer sa société holding en raison de son passé judiciaire.

Jenna Qiu avait réagi immédiatement en argumentant que les chefs d'inculpation visant M. Ho n'avaient aucun rapport avec des délits ou des fraudes et que son client "perdait patience" d'autant qu'il cherchait à créer d'autres sociétés à Hong Kong.

L'avocate du cabinet Josette Roquebert déplorait le 5 août dans un courriel l'absence de réponse de M. Ho aux chefs d'inculpation dont il faisait l'objet, avant de finalement donner son aval à la création de la société offshore.

«Prenant en considération le fait que ce n'est pas une affaire pénale relevant de délits économiques ou de blanchiment d'argent ou de trafic d'armes (...) et compte tenu des références du client, nous confirmons» l'enregistrement de la société, écrivait Josette Roquebert.

Par son avocat, M. Ho a indiqué au Star et à la CBC, que la société holding Harmonyworld Investment était en conformité avec la législation fiscale canadienne et toujours en affaires avec Mossack Fonseca.

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