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Une porte entrouverte pour Uber

Louis Gagné | Agence QMI

Jacques Daoust entrouvre la porte pour permettre à Uber de rester au Québec: un projet pilote qui forcerait l’entreprise à posséder des permis de taxi qu’elle pourrait toutefois répartir sur plusieurs véhicules.

«On vous demande de respecter deux autres règles, ça prend un permis de chauffeurs de taxi, et un permis de taxi», a lancé le ministre des Transports, vendredi, lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale. Au-delà de ces deux règles, il est prêt à trouver un compromis.

Il donne «la fin de semaine» à Uber pour réfléchir à une proposition. «Vous êtes une compagnie innovante, proposez-nous quelque chose d'innovant», a affirmé M. Daoust.

Il salue le changement d’attitude de la part de la multinationale, qui l’a agréablement «surpris» en mettant des propositions sur la table. Il dit toutefois non aux «taxes» proposées par Uber pour remplir un fonds de compensation pour les propriétaires de permis.

Un système pour tout le monde

«Le premier ministre l’a dit: il y aura une règle, et ce sera la règle pour tout le monde», a souligné M. Daoust. Il croit que l’entreprise n’a pas à se sauver du Québec. Uber fait déjà affaire avec des chauffeurs de taxi comme intermédiaires: le projet de loi ne mettra pas à mal cette activité.

Quant à Uber X, qui permet à des particuliers de faire du transport de personne avec leur véhicule personnel, la situation est plus compliquée. Mais l’entourage du ministre a confirmé qu’il pourrait par exemple autoriser à des automobiles immatriculées commerciales «d’emprunter» des permis de taxi qui seraient loués par Uber.

Uber a pourtant annoncé mercredi qu’elle refusait de débourser pour des permis de taxi comme l’industrie traditionnelle le fait. Elle promettait plutôt de payer une somme de près de 3 millions $ par année pour exercer ses activités au Québec, équivalent à environ 0,35$ par course.

Or, une entreprise comme Téo Taxi loue ses permis à un coût de 1,60$ par course pour opérer dans la légalité. Elle bénéficie elle-même d’un projet pilote qui lui permet d’avoir plus d’automobiles que de permis, puisque les autos électriques doivent rester sur la charge plus longtemps.

Du côté d’Uber, on ne comprend pas trop les limites de ce projet pilote. «Nous solliciterons une rencontre avec le ministre Daoust pour bien comprendre les intentions du gouvernement et les balises qu'ils voudront établir dans un projet pilote pour le covoiturage urbain», a affirmé le porte-parole de l’entreprise.

Le cabinet du ministre a confirmé que M. Daoust voulait rencontrer les dirigeants d’Uber «le plus rapidement possible». Le temps est limité puisque Jacques Daoust souhaite que le projet de loi soit adopté avant la fin de session parlementaire, le 10 juin.

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