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Si la cie ne trouve pas le financement

ArcelorMittal pourrait fermer sa mine de fer sur la Côte-Nord 15 ans plus tôt

Emy-Jane Déry | Le Journal de Québec

Le géant minier ArcelorMittal qui emploie 2 500 personnes sur la Côte-Nord envisage d’y réduire d’une quinzaine d’années la durée vie de ses opérations, si le marché du fer ne reprend pas vigueur d’ici 2022.

ArcelorMittal Exploitation minière Canada a fait part de ses intentions au syndicat des Métallos lors d’une rencontre tenue mardi.

En raison de la chute du prix du fer, le développement de la fosse «off load» à ses installations du mont Wright est suspendu. C’est ce projet qui devait permettre à la minière d’opérer sur la Côte-Nord jusqu’en 2045.

«Ce qu’ils nous ont dit, c’est que si le marché ne change pas et qu’ils ne peuvent pas reprendre le développement de ce projet, ça va faire en sorte de réduire la durée de vie de la mine et ils cesseraient les opérations en 2030 plutôt qu’en 2045», a dit Nicolas Lapierre, coordonnateur des Métallos sur la Côte-Nord.

ArcelorMittal produit en moyenne entre 24 et 26 millions de tonnes de minerai de fer par année présentement. Dans le contexte du marché actuel, avec le prix du fer qui oscille légèrement sous la barre du 50$ la tonne, la mine commencerait à diminuer ses opérations progressivement à partir de 2022. Le syndicat estime toutefois qu’il ne faut pas être alarmiste.

«Dans le domaine minier, ça change tellement vite, ça change à toutes les semaines. Il ne faut pas paniquer avec ça, mais nous sommes quand même à l’affût. Où serons-nous en 2017, 2019, si le prix revient à 80$ ou 100$ la tonne ? Ça va changer la donne, ça c’est certain», a dit M Lapierre.

Négociations à venir

La convention collective des travailleurs d’ArcelorMittal arrivera à échéance en février 2017. Les négociations débuteront cet automne.

«Est-ce que Arcelor ce sert de ça pour commencer à négocier, peut-être, mais je ne pense pas. Tant qu’à moi ce ne serait pas la meilleur stratégie au monde de mettre de la pression sur les travailleurs», a dit M Lapierre.

La minière compte présentement plus de 2000 employés syndiqués à Port-Cartier puis à mont Wright sur la Côte-Nord, et plus de 500 employés cadres.

La tempête parfaite

La simple remontée du prix du fer ne permettrait pas nécessairement la relance du projet «off load», explique ArcelorMittal. «C’est un peu la tempête parfaite en ce moment. Il faut que plusieurs éléments simultanément se produisent afin que nous puissions poursuivre», a dit Paul Wilson, porte-parole de l’entreprise.

Autant le prix des métaux, le niveau de compétitivité élevé sur le marché international, que les hauts coûts d’opérations de la minière sont responsables de son manque actuel de capital et de la suspension du projet.

«Que ce soit par le gouvernement, à travers nos employés, nos fournisseurs... il faut qu’on réussisse à réduire nos coûts pour être en mesure de financer ce projet. Tous les scénario sont sur la table présentement», a conclu Paul Wilson.

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