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Maternelle à quatre ans: Québec va doubler le nombre de classes d’ici la rentrée

 - Agence QMI

Le gouvernement Couillard va doubler le nombre de classes de maternelle quatre ans en milieux défavorisés dès l’automne prochain afin de prévenir les risques de décrochage scolaire, une mesure qui est toutefois jugée insuffisante par la Coalition avenir Québec.

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a annoncé mardi que ce ne serait finalement pas 70, mais 100 classes qui seront ajoutées d’ici la rentrée scolaire de septembre. Le Québec compte actuellement 86 classes de maternelle quatre ans en milieux défavorisés, réparties dans 68 commissions scolaires.

Les classes annoncées lundi représentent un investissement de 10,43 millions $ par année. Elles visent d’abord et avant tout à favoriser la réussite scolaire et à réduire les risques de décrochage en prenant plus rapidement en charge les problèmes d’apprentissage.

«En permettant aux enfants de milieux défavorisés de se développer à tous les points de vue dès le début de leur parcours scolaire, on atténue les différences et les inégalités et on leur offre des outils pour plus tard obtenir un diplôme de leur choix, a fait valoir Sébastien Proulx. Agir tôt chez nos enfants augmente le taux de réussite et diminue les risques de décrochage.»

Le gouvernement va continuer de privilégier les enfants des milieux défavorisés sous prétexte qu’ils sont nombreux à ne pas profiter des services de garde éducatifs offerts par le réseau public.

«La maternelle quatre ans ne remplace pas les services éducatifs existants, a tenu à préciser le ministre. Au contraire, elle s’y ajoute pour agir en complémentarité afin que le plus grand nombre d’enfants, et particulièrement les plus vulnérables, puissent avoir accès à des services en bas âge.»

Une bonne nouvelle selon le PQ

Le porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, Alexandre Cloutier, a salué l’ajout de classes de maternelle quatre, un programme mis sur pied par sa formation politique lorsqu’elle était au pouvoir.

«Ça m’apparaît être une bonne nouvelle de continuer à assurer le déploiement, particulièrement dans les quartiers défavorisés», a-t-il dit.

Une mesure «discriminatoire», dit la CAQ

La Coalition avenir Québec a pour sa part accusé le gouvernement Couillard de perpétuer une «discrimination» à l’endroit des enfants qui ne sont pas issus d’un milieu défavorisé.

«L’idée d’offrir d’abord [le programme] aux milieux défavorisés, je comprends le principe, mais en même temps, les difficultés d’apprentissage ou une dyslexie ou une dysphasie, ça n’a pas de rapport avec le salaire des parents ça. Donc, c’est tous les enfants de quatre ans qui devraient pouvoir en bénéficier», a soutenu le député Jean-François Roberge en entrevue avec l’Agence QMI.

Le porte-parole de la CAQ en matière d’éducation croit que l’ajout de 100 classes d'ici septembre est une mesure «homéopathique» puisqu’il en faudrait plus de 5000 pour offrir le programme à tous les enfants de quatre ans. M. Roberge soutient également que le ratio de 18 enfants par classe est trop élevé pour assurer efficacement un dépistage et une prise en charge précoces des difficultés d’apprentissage.

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