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Québec propose un compromis pour Uber

TVA Nouvelles et Agence QMI

Mesure de dernier recours avant la fin de la session parlementaire: le gouvernement Couillard a déposé mardi un amendement qui permettrait à la fois de protéger l’industrie du taxi tout en donnant une chance à Uber de maintenir ses opérations au Québec.

Alors que le projet de loi 100 sur l’industrie du taxi déposé en mai dernier est bloqué à l’étape de l’adoption du principe, le ministre des Transports, Jacques Daoust, a déposé en chambre une modification donnant à Uber 90 jours pour s’entendre avec le gouvernement sur un projet-pilote.

Québec souhaite notamment qu'Uber s'engage à respecter les principes d'équité fiscale, soit que l'entreprise paie ses taxes et impôts. Une fois le délai de 90 jours expiré, la loi 100 s'appliquerait, avec ou sans Uber.

Le gouvernement espère que l'industrie du taxi accueillera favorablement ce compromis afin d'assurer l'adoption du projet de loi 100 avant la pause estivale.

«Il faudrait qu’il soit adopté cette semaine, a dit M. Daoust, avant d’entrer en chambre. Je pense qu’avec les propositions que nous allons faire, il devrait être accepté. Le seul parti qui resterait à ce moment-là, ce serait la CAQ.»

Le ministre des Transports devait faire le point après la période des questions.

Daoust jette du lest

Le gouvernement pourrait notamment renoncer à obliger les chauffeurs d’Uber de détenir une licence de taxi ainsi qu’un permis de conduire classe 4C.

Le ministre Daoust avait pourtant laissé entendre il y a quelques jours que ces deux conditions étaient non négociables. «On vous demande de respecter deux autres règles, ça prend un permis de chauffeurs de taxi et un permis de taxi», avait-il lancé lors d’un point de à l’Assemblée nationale.

Menaces de perturbations

La proposition mise sur la table par le gouvernement survient alors que les chauffeurs de taxi menacent de perturber le Grand Prix de Formule 1 de Montréal si le projet de loi 100 n’est pas adopté d’ici la fin de la session parlementaire, vendredi.

«C’est certain qu’on souhaite que la loi soit adoptée. On ne veut pas que personne perturbe l’événement qu’est le Grand Prix de Montréal», a indiqué de son côté la ministre du Tourisme, Julie Boulet.

Des chauffeurs de partout au Québec ont manifesté lundi sur l’île Notre-Dame, où se situe le circuit Gilles-Villeneuve, afin de dénoncer «l’obstruction parlementaire» de la Coalition avenir Québec. Ils craignent que l’opposition du parti de François Legault repousse l’adoption des mesures devant mettre fin à la «concurrence déloyale» que leur livre Uber.

Legault interpelle Couillard

«Philippe Couillard ne peut pas rester silencieux. Il ne peut pas rester indifférent. C'est grave, les menaces qui sont faites par l'industrie du taxi, a réagi François Legault. Je demande à M. Couillard de dénoncer fermement, de condamner ces gestes de perturbation qui sont promis par l'industrie du taxi. Il doit faire un appel au calme.»

Le chef caquiste reproche aussi au gouvernement d’avoir attendu trop longtemps avant de déposer son projet de loi sur l’industrie du taxi.

«Je ne vois pas comment le Parti libéral pouvait penser être capable d'analyser un projet de loi aussi important en quatre jours, là, c'est impensable», a dit M. Legault.

- Avec la collaboration de Louis Gagné

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