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Investissement Québec non rentable

Pierre Gabriel Côté, président directeur-général d'Investissement Québec

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Investissement Québec (IQ) n’arrive pas à générer suffisamment de rentabilité pour couvrir les intérêts que paie le gouvernement sur l’argent qu’il lui confie.

C’est ce qui ressort du dernier rapport annuel de l’organisme public dévoilé aujourd’hui.

Selon les résultats publiés, Investissement Québec a généré un résultat net de 69 millions $ en 2015-2016 sur des financements totaux de 2,9 milliards.

Il s’agit d’un résultat en baisse comparativement au résultat net de 96 millions enregistré à la même période l’an dernier.

Le rendement des capitaux propres s’est établi à 2,42% chez IQ, un pourcentage inférieur au taux d’intérêt que paie Québec sur sa dette. C’est donc dire qu’IQ coûte plus cher à financer qu’il ne rapporte d’argent.

«Nous avons poursuivi nos efforts visant à maintenir notre rentabilité financière sans compromettre notre performance économique», commente sobrement le nouveau grand patron d’IQ, Pierre Gabriel Côté, dans le rapport annuel.

La vente des actions de Rona par IQ au début 2016, qui défraie les manchettes ces jours-ci, n’est mentionnée nulle part dans le rapport de 192 pages.

Beaucoup de lacunes

La Vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, a déjà soumis il y a quelques semaines des doutes sur la fiabilité du rapport annuel d’IQ.

La façon dont les chiffres sont présentés dans les rapports d’IQ ne permettent pas de bien jauger l’impact de ses interventions ni de mesurer leurs coûts totaux, selon la VG.

La VG remarque aussi que des changements dans la comptabilité de l’organisme d’une année à l’autre ne sont pas bien indiqués.

Immigrants investisseurs

Selon le rapport 2015-2016, le programme d’Immigrants investisseurs en vertu duquel des immigrants paient pour acquérir une citoyenneté s’est avéré très payant pour IQ, avec des revenus de 82 millions $.

En revanche, le Fonds du développement économique d’IQ, qui regroupe les interventions faites par IQ à la demande des politiciens, a été largement dans le rouge, avec des frais d’administration de près de 75 millions $.