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Sanders dit vouloir «travailler» avec Hillary Clinton

      Bernie Sanders ne concède pas sa défaite mais adopte un ton plus conciliant: le sénateur du Vermont a affiché jeudi à la Maison Blanche sa volonté de travailler avec Hillary Clinton, qui vient d'emporter les primaires démocrates américaines.

   Reçu pendant plus d'une heure dans le Bureau ovale par Barack Obama, qui veut tout faire pour qu'un démocrate lui succède en 2017, M. Sanders n'a pas dit un mot sur ce tête-à-tête, mais tendu la main à son ancienne rivale.

   «Je suis impatient de la rencontrer prochainement pour voir comment nous pouvons travailler ensemble pour vaincre Donald Trump et créer un gouvernement qui nous représente tous», a-t-il déclaré.

   Le candidat septuagénaire, encore techniquement en course même s'il est acquis que la convention de Philadelphie fin juillet investira Mme Clinton, a confirmé qu'il entendait participer à l'ultime primaire, totalement symbolique, qui aura lieu mardi dans la capitale, Washington.

   «Dans mon esprit, et dans celui d'une majorité d'Américains, Donald Trump serait clairement un désastre en tant que président des Etats-Unis», a souligné M. Sanders, sous un soleil de plomb, promettant de faire «tout ce qui est en son pouvoir» pour que cela n'arrive pas.

   M. Obama est à la manoeuvre depuis plusieurs jours pour s'assurer que les démocrates soient en ordre de bataille derrière Hillary Clinton pour l'élection présidentielle du 8 novembre.

   Mais il ne veut pas brusquer les partisans - jeunes et enthousiastes - de «Bernie» et de sa «révolution politique». L'engouement pour le sénateur a surpris par son ampleur: il a conquis quelque 12 millions de voix sur les 27 millions d'électeurs qui ont participé aux primaires démocrates.

   «Mon espoir est que, au cours des deux semaines à venir, nous arrivions à trouver une solution», a expliqué mercredi le président.

   «Nous savons clairement qui sera le candidat. Mais je pense que nous devrions être élégants et le laisser décider lui-même (de la date de son retrait)», a de son côté indiqué le vice-président Joe Biden.

   Le soutien de Barack Obama à son ancienne secrétaire d'Etat était un secret de polichinelle, mais il s'est abstenu de l'afficher publiquement durant la campagne des primaires.

   S'il a félicité l'ancienne Première dame pour sa victoire, M. Obama a pris soin de saluer la contribution de «Bernie» à la mobilisation de millions d'Américains et son engagement sur des sujets comme la lutte contre les inégalités ou le financement de la vie politique.

   «C'était sain pour le parti démocrate d'avoir une primaire disputée», a-t-il déclaré dans l'émission The Tonight Show de Jimmy Fallon. «Je pense que Bernie Sanders a apporté énormément d'énergie et de nouvelles idées. Cela a fait de Hillary une meilleure candidate».

   Les plus fervents partisans de Bernie Sanders rejettent en bloc Hillary Clinton qui représente pour eux la quintessence de l'establishment américain déconnecté des réalités. D'autres soutiens plus pragmatiques estiment que c'est le moment optimal pour qu'il tire sa révérence.

   L'acteur pro-Sanders Mark Ruffalo a dans cette lignée félicité Hillary Clinton pour sa «victoire historique» mardi, tout en appelant la «famille Sanders à continuer de mettre en avant nos valeurs progressistes».

   «Je suis assez bon en maths et je sais que le combat qui nous attend est très, très difficile. Mais nous continuerons à nous battre pour chaque voix et chaque délégué», avait lancé M. Sanders mardi soir, tout en restant évasif sur son calendrier.

   L'espoir des partisans de Sanders est que sa campagne puisse peser sur le parti démocrate et faire évoluer les règles des prochaines primaires en 2020. Un de leurs défis est de diminuer le poids des superdélégués, ces responsables et élus du parti qui disposent librement de leur vote à la convention et font actuellement défaut à Bernie Sanders.

   Pour Neil Sroka, de Democracy for America, une organisation politique pro-Sanders: «L'ampleur du rassemblement du parti derrière Hillary Clinton va dépendre de la manière dont elle va s'approprier la révolution politique et les problématiques progressistes qui ont défini la campagne».

 

 

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