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Pitbulls: Coiteux promet d’agir

Marc-André Gagnon | Journal de Québec et TVA Nouvelles

Le gouvernement Couillard a entendu la sortie fracassante de la famille de Christiane Vadnais, victime d’un pitbull, et promet des actions.

«Qu’est-ce que ça va prendre de plus?» ont demandé les trois sœurs de la défunte, en pressant le gouvernement d’agir.

L’opposition officielle a saisi la balle au bond, tout juste avant la fin de la session parlementaire, lors de la période des questions.

«Le gouvernement doit se rendre à l'évidence: il faut intervenir pour interdire rapidement les chiens pitbulls», a lancé le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet.

«Évidemment qu'on est tous horrifiés par les événements des derniers jours, puis en particulier par ce qui est arrivé à Mme Vadnais, a rétorqué le ministre Martin Coiteux. Et puis ma première pensée, puis la pensée du gouvernement depuis le début, va à la famille.»

Le ministre des Affaires municipales et de la Sécurité publique a rappelé la mise sur pied, jeudi, d’une table de travail qui réunira notamment les deux grandes associations municipales et le gouvernement.

«Un problème: un comité»

«Combien de familles brisées comme celle de Mme Vadnais ça va prendre pour intervenir? Pour ce gouvernement, c'est un problème, un comité. Mais rien de réglé», a déploré le député de René-Lévesque.

Le ministre Coiteux a confirmé qu’un projet de loi pourrait éventuellement être déposé afin d’offrir un cadre réglementaire sur les pitbulls.

Mais «on ne peut pas la décider sur le coin d'une table. Il faut le faire avec les partenaires municipaux parce que c'est là que la réglementation va ultimement être appliquée», a expliqué M. Coiteux.

Les interdire, ou pas?

À La Prairie, petite ville tranquille de la Rive-Sud de Montréal, les pitbulls sont interdits, comme dans les autres municipalités de la MRC Roussillon.

La MRC songe à abolir ce règlement. Mais pas question de le faire à La Prairie, dit le maire Donat Serres.

«La priorité, pour moi, c'est la sécurité des citoyens». Même si ce n'est pas simple de le faire appliquer.

Une centaine de villes du Québec interdisent les pitbulls. Et aussi des pays tels la France, la Norvège et l'Australie.

Au Canada, l'Ontario a interdit les pitbulls en 2005 après avoir constaté une augmentation du nombre d'attaques. Les données compilées par la Ville de Toronto montrent que 9% des pitbulls mordent, presque un sur 10. Plus que les rottweilers, les mastiffs, le bouledogue français et l'ensemble des autres races de chiens.

«La SPCA au Québec s'oppose à ce qu'on vise uniquement le pitbull. Pourtant, après leur bannissement en Ontario, ils se sont tournés vers d'autres races semblables, comme les bouledogues français, le Cane Corso ou le bouledogue américain. Mais aucun ne mord aussi souvent que le pitbull et le nombre de morsures a chuté de façon dramatique», indique le président des Associations québécoises de SPA et de SPCA Denys Pelletier.

Pourtant, des pays qui ont interdit les pitbulls dans le passé reviennent sur leur décision. Comme le Royaume-Uni, qui les avait banni en 1991 et qui a annulé le Dangerous Dogs Act après que le nombre de morsures ait augmenté de 10%. L'Italie, les Pays-Bas, 50 villes américaines, dont New York, ont renoncé à interdire les pitbulls.

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