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Les chauffeurs de taxi furieux et résignés

TVA Nouvelles

Les chauffeurs de taxi sont furieux contre le projet de loi sur Uber adopté hier soir sous bâillon.

Leurs représentants affirment qu’il laisse la porte ouverte à l’établissement de deux classes de taxi.

«Je ne crois plus à ce gouvernement, il a eu trop de lunes de miel avec Uber et il est en train de diminuer l’industrie du taxi», dit un chauffeur à TVA Nouvelles.

Un de ses collègues reproche à Québec de leur avoir fait perdre leur temps en les invitant à témoigner en commission parlementaire.

«La majorité des chauffeurs de taxi sont presque tombés en faillite. Uber nous a envahis, ils font n’importe quoi, ce sont des hors-la-loi», mentionne-t-il.

Devant la tournure des événements, plusieurs chauffeurs de taxi oscillent entre la colère et la résignation.

Rappelons que la session parlementaire a pris fin hier soir à Québec avec l'adoption du projet de loi encadrant Uber et l'industrie du taxi.

Le gouvernement a dû avoir recours au bâillon pour faire adopter son projet de loi, car Québec solidaire avait annoncé en matinée qu'il retirait son appui au processus d'adoption rapide du projet de loi 100.

Cette procédure requiert l'appui unanime des 125 députés.

Cet amendement permet au gouvernement d'établir un projet pilote de trois ans pour encadrer le modèle d'Uber.

Le Parti québécois et Québec solidaire ont voté contre le projet de loi, qui entrera en vigueur dans trois mois.

Le PQ réclame qu'avant toute chose, la compagnie doive au minimum régler ses dettes.

«Il faut que l'ensemble des arriérés de taxes soit réglé avant même de s'asseoir pour négocier, et de respecter leur parole qu'ils ne créeront pas, même s'ils s'en sont donné le droit, qu'ils ne créeront pas 2 catégories de chauffeurs de taxi», croit Martine Ouellet, députée péquiste de Vachon.

De son côté, Québec solidaire parle d’un processus antidémocratique et affirme que le gouvernement a trahi ses promesses.

Amir Khadir, de Québec solidaire, partage la colère des chauffeurs. 

«Dans le bilan libéral, ils avaient la chance, hier, pour une fois, de remplir leurs promesses et de venir avec un projet de loi cohérent avec le fait qu'au Québec, on ne veut pas que des entreprises frauduleuses, qui n'ont pas payé leurs impôts à Revenu Québec et qui font de l'évasion fiscale, rentrent dans une industrie et la ruine», dit le député.

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