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Un député bloquiste alerte le ministre Bains

Dominique Lahaye | Agence QMI

CHANTAL POIRIER/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Le député bloquiste Xavier Barsalou-Duval alerte le ministre fédéral du Développement économique, Navdeep Bains, au sujet de la controverse entourant la présumée autorisation de la vente des actions de RONA par Jacques Daoust.

L’élu de Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères a envoyé lundi une lettre au ministre, dans laquelle il lui reproche d’avoir approuvé rapidement la vente du quincaillier québécois au géant américain Lowes, le mois dernier.

«Je dois admettre que je m’inquiète de l’empressement avec lequel vous avez autorisé la vente de RONA dans un contexte où de nombreuses suspicions pèsent sur les tractations ayant mené à la transaction. Vous devez être conscient que de se limiter uniquement aux paramètres d’analyse du Bureau de la concurrence serait irresponsable», écrit le député bloquiste de Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères, dans la lettre dont le «Journal de Québec» a obtenu copie.

M. Barsalou-Duval revient sur les propos de l’ex-PDG de RONA, Robert Dutton, selon qui il y aurait eu de l’ingérence de la part du président de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, «afin de le congédier pour permettre la vente de RONA à des intérêts étrangers».

Le bloquiste fait aussi état de la saga ayant plongé dans l’embarras le ministre québécois des Transports, Jacques Daoust, ex-président d’Investissement Québec, au moment de la première offre de Lowes en 2012.

M. Daoust, dit-il, a été «contredit par une enquête de la vérificatrice générale qui a démontré, à l’aide des procès-verbaux d’Investissement Québec, qu’il a probablement menti lorsqu’il a affirmé en février 2016, qu’il n’était pas au courant de la décision d’Investissement Québec de vendre les actions de RONA quand il était ministre du Développement économique en 2014».

M. Barsalou-Duval demande ainsi au ministre Bains de rendre publiques les études et les analyses l’ayant convaincu que la vente de RONA était avantageuse pour le Québec. Il veut aussi savoir par quel mécanisme de supervision est passée la transaction avant d’être approuvée.

Le ministre Bains assure pour sa part que la transaction a fait l’objet d’une analyse indépendamment du Bureau de la concurrence. Il soutient que les analyses ne peuvent toutefois être rendues publiques puisqu’elles sont «commercialement sensibles».

«Nous avons travaillé avec le gouvernement du Québec pour voir quelles étaient leurs préoccupations et leurs priorités. Nous avons aussi attendu de voir ce que le Bureau de la concurrence allait faire», explique-t-il.

«Nous avons fait une analyse des avantages nets en mettant vraiment l’accent sur les emplois, le siège social, les postes de gestions», a-t-il, ajouté.

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