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«On savait qu’il était pour se passer de quoi»

TVA Nouvelles

Pour le policier à la retraite, Mario Bernique, l’agression de Guy Turcotte par des codétenus de l’établissement de Port-Cartier était prévisible.

Déclaré coupable du meurtre non prémédité de ses deux enfants au terme d’un deuxième procès le 6 décembre dernier, Turcotte aurait été battu cette semaine, quelques jours après son transfert vers cette nouvelle prison.

«Ce n’est pas une surprise. Tout le monde pensait, et il y en a même qui souhaitait qu’il se passe quelque chose. On savait qu’il était pour se passer de quoi, mais quand et où, ça, c’est autre chose», explique M. Bernique.

L’ancien policier croit que les avocats de Guy Turcotte avaient raison de s’inquiéter pour sa sécurité.

«Ses avocats ont déjà fait un pas pour dire que ce n’était pas la meilleure place où l’envoyer et le surveiller tout de suite. Il fallait s’attendre, avec une cause aussi médiatisée, qu’il se passe quelque chose», dit-il.

Pour le chroniqueur du monde carcéral et auteur de la série «Fugitif», Yves Thériault, cette agression pourrait apporter «de l’eau au moulin» des avocats de Turcotte. Ils pourraient ainsi renouveler la demande de transfert de leur client.

Car dans cet établissement pénitentiaire fédéral qui abrite notamment Paul Bernardo, Mohammad Shafia ou Luka Rocco Magnotta, il n’y a pas de «traitement de faveur» en fonction du détenu.

«Normalement, il [Guy Turcotte, NDLR] a le même isolement que les autres, il n’a pas plus de faveurs que les autres détenus, mais il y a toujours une interaction avec les détenus des cellules proches ou à la cafétéria. Ils se côtoient quand même.»

Même si une enquête va avoir lieu pour établir les circonstances de l’agression du détenu Turcotte, Mario Bernique pense que la nature des crimes de ce dernier peut être à l’origine de l’incident.

«Ils sont très sévères pour certains types de crime (...) Il y a des crimes qui ne sont pas acceptés, même en prison (...) Et il y a toujours une interaction, des détenus qui vont l’apostropher pour lui dire: "Hé, qu’est-ce que tu as fait là". Il y a alors un échange de mots et une tension qui monte. À ce moment-là, c’est pratiquement prévu qu’il va se passer quelque chose», croit-il.

Yves Thériault, lui, pense que pour que l’agression de Turcotte arrive si rapidement après son transfert à Port-Cartier, «il a fallu que le personnel de la prison regarde ailleurs».

«On peut parler presque d’une certaine complicité», avance-t-il.

Guy Turcotte devrait être l’objet d’un degré de vigilance différent dans les prochains jours, voire les prochaines semaines.

Il est éligible à une libération conditionnelle dans 17 ans, une sentence qui est contestée par ses avocats.

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