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Une dame blessée à la tête par un drone à Beloeil

Maxime Landry | TVA Nouvelles

L’écrasement d’un drone dans une foule à Beloeil a causé de sérieuses blessures à une femme de 38 ans. Et celle-ci a déjà entrepris des démarches pour poursuivre le propriétaire de l’appareil, a appris TVA Nouvelles.

Stéphanie Creignou était au parc Lorne-Worsley le 11 juin dernier pour encourager ses amis lors du Défi 5 km Arc-en-Ciel, une course dans les rues de Beloeil.

Soudainement, un drone qui volait à environ 10 mètres au-dessus d’elle, est devenu incontrôlable et a foncé droit sur elle. «C’est comme si elle avait reçu un coup de chaise directement sur la tête» relate son conjoint, Éric Desjardins.

L’impact a été si violent que Stéphanie Creignou s’est écroulée dans les bras de ses amis. Elle a été conduite d’urgence en ambulance à l’hôpital de Saint-Hyacinthe où les médecins lui ont diagnostiqué une entorse cervicale.

«Elle est en arrêt de travail depuis le 11 juin. On ne sait pas encore pour combien de temps. Elle doit revoir les médecins à la fin de mois. On a dû annuler nos vacances» ajoute son conjoint.

«J’espère que le propriétaire a de bonnes assurances. De toute façon, notre avocat est là-dedans. La poursuite est déjà partie» précise-t-il.

TVA Nouvelles s’est entretenu avec le propriétaire du drone. Rosaire Turcotte explique qu’il tournait des images avec son Phantom III pour la télévision communautaire de Beloeil lorsqu’il a perdu le contrôle de son appareil. « Je le faisais voler au-dessus de moi. Je ne le quittais pas des yeux. Tout allait bien. Et puis tout d’un coup, le drone est parti. Je ne sais pas ce qui s’est passé. J’ai zéro explication. »

Il affirme posséder son drone depuis environ un an. « J’ai quand même fait tous les cours de pilotage par internet. Je pense avoir agi de la manière la plus sécuritaire possible » confie-t-il.

L’accident est si sérieux que le Bureau de la sécurité des transports a affecté un enquêteur au dossier. Transports Canada et la Régie de police Richelieu-Saint-Laurent sont aussi impliqués dans l’enquête.

Il y avait un autre drone dans le ciel de Beloeil ce matin-là, celui de la compagnie VTol, engagée par les organisateurs de l’événement.

Le pilote, Flavio Martincowski, raconte avoir interpellé Rosaire Turcotte quelques instants avant l’accident. «Nous, on est allé voir le monsieur en question pour lui demander s’il avait un certificat d’opération et toutes les autorisations nécessaires. Il nous a répondu qu’il n’en avait pas» raconte M. Martincowsk. «Plus tard, on a vu le monsieur et son drone près de la foule. On lui a dit «Vous n’êtes pas un peu trop près?» Il nous a dit: «Non, je suis correct ici», poursuit le pilote.

«Le drone était opéré de façon récréative au-dessus d’un regroupement de personnes, sans certificat d’opération et sans l’autorisation des organisateurs de l’événement», affirme Transports Canada dans un rapport d’événement obtenu par TVA Nouvelles.

Qu’ils soient utilisés dans un but récréatif ou commercial, les drones sont soumis à des règles très strictes de Transports Canada. L’une d’elles stipule qu’aucun appareil ne peut être utilisé dans un rayon de 9 km d’un aéroport. Dans ce cas-ci, il n’y a pas un, mais deux aéroports: celui de Beloeil et celui de Saint-Hubert.

Des amendes, voire des accusations peuvent être portées contre ceux qui contreviennent aux règlements.

Une recherche menée dans les registres de Transports Canada montre qu’au moins 89 incidents impliquant des drones sont survenus au pays depuis 2015.

Il s’agirait cependant du premier écrasement de drone avec blessé à survenir au Canada.