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«L’Europe mise gravement à l'épreuve» - François Hollande

Agence France-Presse

Le vote des Britanniques en faveur du Brexit «met gravement l'Europe à l'épreuve», qui «ne peut plus faire comme avant» et doit désormais «se concentrer sur l'essentiel», a estimé vendredi le président français François Hollande.

«Le vote des Britanniques met gravement l'Europe à l'épreuve», a déclaré lors d'une allocution officielle M. Hollande, regrettant «profondément ce choix douloureux».

«L'Europe ne peut plus faire comme avant (...). Elle doit montrer dans ces circonstances sa solidité et sa force», a-t-il estimé, s'exprimant à l'issue d'une réunion avec plusieurs membres du gouvernement.

«Le danger est immense face aux extrémismes et aux populismes (...) L'Europe est une grande idée et pas seulement un grand marché, et c'est sans doute à force de l'avoir oublié qu'elle s'est perdue», a poursuivi M. Hollande, assurant notamment que l'UE «doit être comprise et contrôlée par ses citoyens».

Il a confirmé qu'il se rendrait lundi à Berlin pour y retrouver la chancelière allemande Angela Merkel, avant le sommet européen post-Brexit de mardi et mercredi à Bruxelles.

«La France sera donc à l'initiative pour que l'Europe se concentre sur l'essentiel», a promis le président français, citant: «la sécurité», «l'investissement pour la croissance et pour l'emploi», «l'harmonisation fiscale et sociale», ainsi que «le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique».

«Ce qui se joue, c'est la dilution de l'Europe au risque du repli, ou la réaffirmation de son existence au prix de changements profonds», a conclu le chef de l'État français.

S'exprimant peu après, le premier ministre français Manuel Valls a estimé que la victoire du Brexit était le «révélateur d'un malaise trop longtemps ignoré» au sein de l'UE.

«C'est une déflagration à l'échelle du continent et du monde», a jugé M. Valls, notant toutefois qu'«il faut respecter» le «choix libre des Britanniques».

«Cette sortie, et c'est ma conviction, bouscule les certitudes et impose une réaction collective», a-t-il fait valoir, déplorant que «trop longtemps, on (ait) fermé les yeux sur les avertissements et les doutes exprimés par les peuples européens».

«Nous voyons bien que nous ne pouvons plus continuer comme avant et le risque, c'est la dislocation pure et simple de l'Europe et défaire l'Europe, c'est pour nos nations s'affaiblir considérablement», a mis en garde le premier ministre.