/news/law

Fin de l'enquête publique sur les cinq suicides

TVA Nouvelles

L’enquête publique du coroner sur les cinq suicides qui ont ébranlé la communauté d’Uashat-Maliotenam en 2015, sur la Côte-Nord, s’est terminée jeudi matin.

L’avocat de quatre des cinq familles, Jean-François Bertrand a dressé un triste portrait de la situation et a livré ses recommandations.

Il a soulevé quatre points communs qui unissent tous les cas de suicides à l’étude de la part du coroner.

Les cinq hommes et femmes qui se sont suicidés en 2015 ont tous vécu des traumatismes et ont noyé leur détresse dans l’alcool et la drogue, ils souffraient tous d’un problème d’attachement et ils ont tous verbalisé leurs idées suicidaires avant de passer à l’acte.

Depuis 1994, 43 personnes se sont enlevé la vie dans cette communauté de 4 000 personnes.

L’avocat déplore également le fait que 20 % des jeunes de la communauté sont placés en famille d’accueil. Il croit d’ailleurs que la communauté devrait avoir son propre service de protection de la jeunesse.

Pour expliquer ce mal-être que vivent plusieurs Innus, Jean-François Bertrand est revenu sur le contexte historique mentionnant que les Blancs ont dépossédé les Innus et les ont traités comme des enfants. Cela a créé des traumatismes qui se transmettent de génération en génération.

Selon lui, la détresse touche l’ensemble des Premières Nations, dont le taux de suicide est trois fois plus élevé que celui du reste de la population canadienne.

L’avocat a fait 44 recommandations qui devront être triées par le coroner Bernard Lefrançois.

De façon pratique, il estime que les intervenants sociaux devraient se doter d’outils de surveillance des réseaux sociaux, dont particulièrement Facebook, pour identifier les personnes suicidaires qui expriment leur détresse.

Il croit aussi qu’un service de soutien utilisant la messagerie texte doit être mis en place pour rejoindre la clientèle qui utilise de plus en plus cet outil technologique pour communiquer.

«Il faut que moi je fasse des recommandations qui deviennent applicables ou qui deviennent exécutables de la part des personnes qui vont être ciblées par les recommandations», a indiqué le coroner.

Bernard Lefrançois prendra l’été pour rédiger son rapport, son objectif est de le publier à l’automne.

Dans la même catégorie