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Lettre islamophobe distribuée à Sainte-Foy

Pierre-Paul Biron | Agence QMI

Une lettre islamophobe visant le Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) a été distribuée dans les environs de la Grande mosquée au cours des derniers jours. Un autre incident qui provoque l’incompréhension dans la communauté musulmane.

Trois semaines après qu’une tête de porc ait été déposée à l’entrée de la Grande mosquée de Québec, voilà que des tracts islamophobes ont été distribués dans le quartier. La lettre lie le Centre culturel islamique aux Frères musulmans, un groupe religieux et politique né en Égypte en 1928.

Photo lettre islamophobe

gracieuseté, Journal de Québec

«Cette même mosquée est un foyer de radicalisme où on propose aux fidèles de lire les écrits d’idéologues qui prônent le djihad violent, la charia, l’infériorisation de la femme, l’homophobie virulente», peut-on lire dans les pamphlets distribués anonymement dans les quartiers voisins de la Grande mosquée de Québec.

Le président de la CCIQ rejette ces allégations de proximité avec les Frères musulmans, qu’il juge «fausses de A jusqu’à Z».

«Sur le plan historique, ça ne peut pas coïncider, a confié Mohammed Yangui. Ce sont des choses très différentes qui ne coïncident pas ni dans le temps ni dans la réalité. Quelqu’un qui connaît un peu la politique ou la géographie peut comprendre que ces allégations sont fausses.»

Enquête ouverte

Le Service de police de la ville de Québec a confirmé enquêter sur le dossier. «Il n’y a pas de plainte qui a été déposée, donc on est en mode vérification et analyse au niveau du renseignement criminel à savoir s’il y a lieu de s’inquiéter du contenu de cette lettre-là», a expliqué la porte-parole Nancy Roussel.

M. Yangui entend de son côté communiquer avec les autorités. «Il y avait mon nom dans cette lettre, textuellement. Je ne comprends pas ce qu’ils veulent», a ajouté le président du CCIQ. Malgré tout, ce dernier dit ne pas se sentir menacé, souhaitant seulement «que la polémique n’aille pas plus loin que ça».

Le SPVQ confirme qu’une plainte criminelle pourrait découler d’une éventuelle rencontre avec M. Yangui. «Si le module des crimes généraux juge que les propos sont matières à déposer une plainte criminelle, oui ce sera analysé avec le plaignant à ce moment.»

Ne pas juger trop rapidement

Le responsable de la Grande mosquée espère maintenant que cette lettre n’aura pas d’influence sur l’opinion que les citoyens de Québec ont de sa communauté. «S’il vous plaît, entendez notre version avant d’entendre les autres parler de nous [...] Le juge au tribunal doit entendre les deux parties», a ajouté Mohammed Yangui.